Dans un contexte politique déjà agité, Elections Cameroon (Elecam) se retrouve à l’avant-scène, avec des annonces récentes qui soulèvent moult interrogations.
Erik Essousse
demande aux chefs d’antenne d’effectuer la mise à jour du fichier des grands électeurs
Par Thomas Tankou_____________
Le Directeur général d’Elecam, vient d’ordonner à ses chefs d’antenne d’actualiser le fichier des grands électeurs en prévision des échéances électorales à venir. Cette décision, bien que nécessaire, révèle une stratégie qui pourrait cacher des manigances orchestrées par les institutions censées garantir la transparence du processus démocratique au Cameroun.
Une préparation en double…
Erik Essousse a souligné l’importance d’une préparation anticipée pour les élections présidentielle, prévues le 12 octobre 2025, et les prochaines élections des conseillers régionaux. Selon ses dires, « cette situation impose une anticipation et une préparation parallèle ». Toutefois, cette urgence soulève la question de la réelle motivation derrière cette mise à jour des fichiers électoraux.
Les chefs d’antenne sont chargés de produire des listes « actualisées, intègres et fiables » des conseillers municipaux et des chefs traditionnels, en tenant compte des décès et des changements dans les conseils municipaux. Cependant, cette tâche, bien que cruciale, risque d’être le théâtre d’abus et de manipulations.
Les ombres de la filouterie…
Les élections sénatoriales, tenues le 12 mars 2023, ont déjà été entachées de controverses, et les résultats proclamés le 23 mars n’ont pas apaisé les craintes concernant l’intégrité des processus électoraux. Les institutions comme Elecam, qui devraient être des garantes de la démocratie, sont souvent perçues comme complices d’un système qui favorise les manipulations.
L’anticipation des prochaines élections pourrait ainsi être un moyen pour les autorités de contrôler le jeu politique, en influençant les listes des électeurs et en ajustant les critères de reconnaissance des chefs traditionnels. Les récentes directives d’Essousse pourraient donc s’apparenter à une manœuvre visant à consolider des intérêts préétablis, et maintenir le statut quo. Plutôt qu’à assurer une représentation équitable.
Une transparence contestée…
Les délais imposés, notamment la date butoir du 29 août 2025 pour la remise des fichiers actualisés, laissent peu de place à une véritable vérification de la légitimité des nouvelles désignations. De plus, la mention de la référence de l’acte d’homologation pour les nouveaux chefs traditionnels ajoutée par Essousse semble être une tentative d’asseoir une légitimité institutionnelle sur des choix qui pourraient être contestés.
Dans ce climat de méfiance, il est essentiel que les citoyens, les partis politiques et les organisations de la société civile restent vigilants. La démocratie ne se limite pas à des élections périodiques ; elle exige une transparence et une responsabilité de la part des institutions qui en régulent le processus.
Appels à l’intégrité et à la transparence…
Alors que le Cameroun se prépare à une nouvelle série d’élections, les appels à une mise à jour des fichiers électoraux devraient être accompagnés d’un engagement clair envers l’intégrité et la transparence. Les manigances orchestrées par les institutions pourraient, si elles ne sont pas surveillées, miner la confiance du public et compromettre l’avenir démocratique du pays. Il est impératif que le peuple camerounais exige des comptes et défende ses droits face à toute tentative de manipulation du processus électoral.