La récente publication du classement du Chandler Institute of Governance (CGGI) révèle que le pays se classe dernier mondial dans la catégorie « influence et réputation internationales ». Cette situation soulève des questions sur les causes de ce déclin et sur les conséquences pour le pays.
Comprendre la dégringolade diplomatique du Cameroun sous le régime du Renouveau
Par Thomas Tankou_____________
Des choix économiques qui contrastent avec la gestion financière…
Bien que le Cameroun se distingue par une gestion financière relativement meilleure, se positionnant à la 65ème place, il est important de nuancer cette performance. La gestion des ressources financières ne suffit pas à compenser les déficiences dans d’autres domaines essentiels à la gouvernance et à la réputation internationale. La 112ème place pour les institutions et la 105ème place pour l’attractivité économique sont des indicateurs préoccupants. Ils signalent une incapacité à établir un cadre institutionnel solide et attractif pour les investisseurs et les partenaires internationaux.
Faiblesses institutionnelles et gouvernance…
La faiblesse des institutions camerounaises est une problématique majeure. La corruption, le manque de transparence et l’absence de mécanismes efficaces de reddition de comptes minent la confiance des citoyens et des investisseurs. Les institutions sont souvent perçues comme étant au service d’une élite plutôt que de l’intérêt général, ce qui renforce le sentiment de désenchantement parmi la population.
Image diplomatique dégradée…
L’indicateur « influence et réputation internationales » met en lumière la détérioration de l’image du Cameroun à l’étranger. Autrefois perçu comme un acteur clé de la diplomatie en Afrique, le pays peine aujourd’hui à se faire entendre sur la scène internationale. Les conflits internes, notamment la crise anglophone et la lutte contre le terrorisme, nuisent à sa crédibilité et à sa capacité à jouer un rôle de médiateur ou de leader régional.
Comparaison avec d’autres pays africains…
À l’échelle continentale, le Cameroun se distingue par une performance médiocre, notamment par rapport à des pays comme Maurice (51ème), le Rwanda (59ème) et le Botswana (61ème), qui montrent que la gouvernance peut être synonyme de succès économique et diplomatique. Ces pays ont su instaurer des institutions solides et une image positive, attirant ainsi des investissements étrangers et renforçant leur influence sur le plan international.
Conséquences pour le Cameroun…
Le classement du CGGI n’est pas qu’un simple indicateur ; il a des implications profondes pour le Cameroun. En étant perçu comme le dernier de la classe, le pays risque de perdre des opportunités de coopération internationale, des investissements étrangers et une aide au développement. Cette situation peut également exacerber les tensions internes, alimentant un cycle vicieux de mécontentement et de déstabilisation.
Une image ternie à l’international…
La chute du Cameroun dans le classement du Chandler Institute of Governance est le reflet d’une problématique complexe mêlant gouvernance défaillante, image internationale ternie et institutions fragiles. Pour redresser la barre, le pays doit entreprendre des réformes profondes qui restaurent la confiance des citoyens et des partenaires internationaux. Cela passe par une gouvernance transparente, des institutions solides et une diplomatie proactive, car seul un effort concerté pourra permettre au Cameroun de retrouver sa place d’antan sur la scène internationale.