Dans un monde où la vérité devrait être le phare des journalistes, certains semblent avoir égaré leur boussole. C’est visiblement le cas de François Soudan, éditorialiste à l’hebdomadaire Jeune Afrique Ce magazine panafricain s’interroge dans sa dernière publication si « l’opposition camerounaise est la plus bête du monde ».

Une inadmissible sortie de piste du magazine « Jeûne à fric »

Par Thomas Tankou_____________

Une phrase qui, au-delà de sa teneur insultante, révèle un parfait décalage avec la réalité camerounaise.

En tant que journaliste, Soudan a la responsabilité de rapporter des faits avec objectivité. Pourtant, ses propos semblent davantage inspirés par un esprit de provocation que par un souci de relater les faits sans à priori ni parti pris. Peut-être est-il trop occupé à rédiger des articles à la gloire d’un régime autoritaire, oubliant ainsi les souffrances d’un peuple qui aspire à la démocratie.

La déconnexion avec la réalité…

Qu’a dit François Soudan après le gangstérisme politique à l’endroit de Kamto par Elecam et le Conseil constitutionnel, qui l’ont injustement éliminé de la course à la présidentielle d’octobre prochain ?
A-t-il seulement pris le temps de se rendre compte de la situation désastreuse que vivent es Camerounais ?
A-t-il croisé le regard d’un enfant dont la mère est affamée, ou celui d’une mère désespérée dont les enfants sont aux prises avec Boko Haram ? Ces images, visiblement absentes de son esprit, sont les réalités quotidiennes d’un peuple qui lutte pour sa survie.
Mais pour Soudan, les vérités de terrain semblent être bien moins importantes que les billets qu’il pourrait toucher. Il peut tout reprocher à l’opposition camerounaise, selon son angle d’analyse. Mais prétendre que le peuple camerounais est si bête qu’il est incapable de choisir le candidat qui lui sied, est un pas de trop que cet habitué des palais présidentiel en Afrique a honteusement franchi.
La démocratie étant aussi la possibilité donnée à un peuple de choisir parmi une multitude de candidatures et de programmes.

Les dérives d’un journaliste à gages…

Il est important de se rappeler que les journalistes ne sont pas des clones de leurs employeurs. Ils doivent défendre la vérité, même si cela implique de critiquer le pouvoir en place. Cependant, Soudan semble avoir troqué son intégrité pour un plat de lentilles, se complaisant dans des propos qui ne font qu’alimenter le discours de ceux qui écrasent l’opposition au Cameroun.

Un appel urgent au changement de cap…

Il est temps pour cet exégète de demi vérité de réévaluer son rôle auprès des dictatures en Afrique. S’il est conscient que le nom SOUDAN qu’il porte est celui d’un pays Africain en proie à une interminable guerre civile, il devrait faire gaffe. Sans quoi il lui sera difficile de se défaire de cette malédiction que lui colle son patronyme.
Servir un régime autoritaire, c’est trahir la vocation même du journaliste. Il devrait se souvenir que la dignité des Camerounais ne peut être réduite à des mots méprisants. Au lieu de cela, il devrait présenter des excuses et reconnaître la valeur de ceux qui, malgré les obstacles, continuent à se battre pour un Cameroun soucieux du mieux-être de ses enfants.

Une insulte inadmissible à l’endroit de l’opposition camerounaise…

Soudan, avec ses propos désinvoltes, a non seulement insulté l’opposition, mais a également révélé son propre manque de maîtrise des réalités de ce pays locomotive de l’Afrique centrale. Un conseil amical : la prochaine fois, peut-être qu’un peu de recherche et d’empathie pourraient éviter de tels dérapages. Au lieu de cela, il nous laisse avec un goût amer, celui d’un journaliste qui a perdu de vue sa mission première : servir la vérité et non justifier maladroitement les décaissements.