Au cas où les négociations entre un candidat du Septentrion et le professeur Kamto aboutissent, sauf un hold-up électoral pourra permettre à Paul Biya de conserver le pouvoir.
L’analyse des trois aires électorales du Cameroun à partir des chiffres de Elecam, le prouve à suffire.

Les statistiques qui démontrent pourquoi le régime Rdpc redoute la coalition entre un candidat du grand Nord et Maurice Kamto

Par Thomas Tankou_____________

Le paysage politique camerounais s’apprête à vivre un tournant décisif avec l’élection présidentielle prévue pour le 12 octobre 2025. Les récents chiffres d’inscriptions électorales révèlent une répartition stratégique qui pourrait bien redéfinir l’issue du scrutin. En effet, le pays se divise en trois zones électorales majeures : le Grand Nord, le Grand Sud et le Grand Ouest, chacune avec un poids électoral significatif.

Répartition des inscrits selon les chiffres Elecam…

GRAND NORD
-Adamaoua : 536 926 inscrits (6,53 %)
-Nord : 839 332 inscrits (10,09 %)
-Extrême-Nord : 1 337 796 inscrits (16,28 %)

GRAND SUD
-Centre : 1 460 904 inscrits (17,77 %)
-Sud: 335 223 inscrits (4,08 %)
-Est : 398 036 inscrits (4,84 %)

GRAND OUEST
-Littoral : 1 257 986 inscrits (15,31 %)
-Nord-Ouest : 684 598 inscrits (8,33 %)
-Ouest : 941 173 inscrits (11,45 %)
-Sud-Ouest : 437 236 inscrits (5,32 %)

TOTAL NATIONAL :
8 219 210 inscrits (100 %)

Un électorat en ébullition…

La coalition entre les candidats du Grand Nord et ceux du Grand Ouest pourrait s’avérer déterminante. En effet, si un candidat parvient à unir ces deux bastions, il est fort probable qu’il remporte le scrutin, même contre le candidat sortant, Paul Biya. Cette dynamique électorale pourrait permettre à l’opposition, bien que divisée, de renverser le rapport de force en sa faveur.

Cependant, une ombre plane sur cette élection : la crainte d’une fraude massive, pouvant conduire à un hold-up. Les signaux d’alarme sont déjà lancés, et il apparaît que seule une manipulation sauvage des résultats pourrait permettre au parti au pouvoir de conserver la victoire.

La coalition : Un cauchemar pour le pouvoir…

La possibilité d’une coalition entre les candidats du Grand Nord et Maurice Kamto, injustement écarté de la course, est particulièrement redoutée par le régime de Yaoundé. Kamto, figure emblématique de l’opposition, a su capter l’attention d’un électorat désireux de changement. Son exclusion pourrait être ainsi perçue comme une tentative désespérée de maintenir le statu quo.

Volonté manifeste de changement…

Les élections d’octobre 2025 risquent d’être marquées par une intensité sans précédent. La configuration électorale du Cameroun, couplée à une volonté manifeste de changement, crée un terrain fertile pour l’opposition. Toutefois, la vigilance reste de mise. Le combat pour une élection libre et transparente est plus que jamais d’actualité.
Le peuple camerounais, conscient de son pouvoir, pourrait bien décider de mettre fin à des décennies de domination politique, à condition que les conditions soient réunies pour un scrutin juste.