Ah, le Cameroun ! Terre de promesses, d’élections bidouillées et de répressions musclées. Alors que le pays se remet tout juste d’une tragédie électorale à couper le souffle – ou plutôt à faire suffoquer – voilà que le président Paul Biya, 92 ans et toujours en pleine forme (pour un dinosaure), s’empare d’un nouveau mandat.

Le peuple camerounais dindon de la farce, souffle le…show et l’effroi

Par Thomas Tankou_____________

Vous savez, ce genre de victoire où l’on gagne avec 53,66 % des voix, à condition d’ignorer le fait que l’opposition crie au scandale, et que les manifestations éclatent comme des feux d’artifice mal contrôlés dans les principales villes.

Le climat politique est donc « apaisé », comme le dirait un propagandiste en chef, tandis que Human Rights Watch nous rappelle, avec une délicatesse toute diplomatique, que des manifestants ont été « prétendument » tuées par les forces de sécurité. Mais qui croirait un rapport aussi ennuyeux quand on peut se concentrer sur la comédie nationale ?

La Mise en scène de l’opposition…

Entrons dans le vif du sujet : Issa Tchiroma Bakary, l’opposant à la stature imposante (ne serait-ce que par ses ambitions), crie victoire dès le jour du scrutin. Quel timing ! Une proclamation qui a fait exploser les tensions comme une bouteille de champagne laissée trop longtemps au frais.

Les manifestations, ces charmants rassemblements de citoyens en colère, prennent d’assaut Douala, Yaoundé et des villes de régions. La réponse du régime ? Un déploiement de forces de l’ordre digne d’un film d’action à petit budget : gaz lacrymogènes, canons à eau, et même des balles réelles, parce que pourquoi se contenter de moins quand on peut faire un show à l’américaine ?

Et pendant ce temps, des autorités administratives, nous régale d’une version des faits qui frôle le surréaliste. Des jeunes « drogués » attaquant des commissariats ! On se croirait dans un mauvais film d’horreur. Mais ne vous inquiétez pas, l’urgence de la situation a été traitée avec toute la rigueur d’un chef d’orchestre dirigeant une symphonie de chaos.

La réponse du régime : Un masterclass en répression…

Le régime de Yaoundé, si habile dans l’art de la répression, ne laisse rien au hasard. Après chaque élection, c’est le même refrain : des arrestations massives, des leaders d’opposition muselés, et une violence d’État qui s’inscrit dans la continuité d’une tradition bien établie. La répression des manifestations pacifiques est devenue un sport national. Maurice Kamto, figure emblématique de l’opposition, en sait quelque chose. Écarté du scrutin et traîné devant les tribunaux, il est devenu le héros malheureux d’un récit qui ne cesse de se répéter.

Et que dire des normes internationales ? Les Principes de base des Nations Unies semblent être un simple choix dans un menu à la carte, laissé de côté au profit d’une répression à l’ancienne. La police, censée protéger les citoyens, se transforme en troupe d’élite pour écraser toute forme de contestation.

L’appel à la raison : Un écho dans le vide…

La chercheuse Ilaria Allegrozzi de Human Rights Watch a bien tenté de faire entendre sa voix à travers un appel à la retenue. Mais, comme on dit, « autant parler à un mur ». Les autorités camerounaises semblent plus préoccupées par la préservation de leur pouvoir que par le respect des droits fondamentaux. La promesse d’une enquête impartiale sur l’usage excessif de la force est aussi crédible qu’un mirage dans le désert.

En somme, la scène politique au Cameroun ressemble à un théâtre de marionnettes où le régime tire les ficelles, et où les citoyens, malmenés et méprisés, ne sont que des figurants dans une pièce tragique. Alors que la nation se débat dans une crise post-électorale, une seule question demeure : qui, parmi les acteurs de cette farce, aura le courage de se lever et de dire « assez » ?

Le rideau ne tombera pas tant que la tragi-comédie de Yaoundé continuera à se jouer. Et pendant ce temps, le monde regardera, amusé, comme un spectateur d’un spectacle dont il connaît déjà la fin.