Dans un contexte politique tendu, l’arrestation de figures de l’opposition ne doit pas être perçue comme une simple mesure répressive, mais comme un révélateur des craintes d’un régime face au pluralisme.
L’Histoire rappelle que la grandeur d’un État réside dans sa capacité à écouter et à dialoguer.
Arrêter Issa Tchiroma est-il la solution à la crise actuelle ?
La scène internationale, même silencieuse, n’oublie rien. Qu’on ne se méprenne pas. Aucune arrestation politique ne passe aujourd’hui inaperçue.
Les chancelleries observent, les organisations notent, les sociétés civiles s’en souviennent. Ce que le Cameroun ferait d’un homme comme Issa Tchiroma serait interprété non comme une mesure de police, mais comme un signal politique. Et ce signal serait clair : le refus du débat, la peur du pluralisme, l’étouffement de l’avenir.
La grandeur ne se mesure pas à la force, mais à la retenue. Un État fort n’est pas celui qui frappe. C’est celui qui sait quand ne pas frapper. Celui qui laisse circuler la parole. Celui qui écoute même ses opposants. C’est ce qu’on attend de ceux qui tiennent aujourd’hui le destin du Cameroun entre leurs mains. L’arrestation d’un homme d’opposition n’éteindra pas sa voix. Elle n’effacera pas son écho. Elle ne fera que l’agrandir.
Ce que l’Histoire retient :
L’Histoire est cruelle pour ceux qui se croient invincibles. Elle est juste envers ceux qui, un jour, ont reculé pour ne pas basculer. Ne pas arrêter. Ne pas humilier. Ne pas franchir la ligne.Voilà, peut-être, le plus grand acte de gouvernement qu’il soit encore possible de poser.
La République est un exercice de retenue. Il est encore temps d’en faire la preuve.
(**) Par un citoyen attaché à la dignité de la République
Le chapeau et le titre sont de la rédaction
