Le récent communiqué du ministère canadien de l’Immigration sur l’instauration d’un programme accéléré de résidence permanente pour les médecins étrangers représente une opportunité inédite, mais aussi une source d’inquiétude pour le Cameroun. À partir de janvier 2026, ce programme permettra aux provinces canadiennes de recruter jusqu’à 5000 médecins, offrant des permis de travail en seulement 14 jours.

Quand la malgouvernance la corruption et le désespoir vide le pays de ses talents

Par Thomas Tankou___________

Cette nouvelle met en relief non seulement les besoins pressants en matière de services de santé au Canada, mais met également en lumière le désespoir croissant qui pousse les professionnels qualifiés à quitter leur pays d’origine.

Une exode inexorable…

La situation au Cameroun est alarmante. De plus en plus de médecins, d’enseignants et d’autres corps de métier choisissent d’émigrer, poussés par une conjoncture socio-économique et politique difficile.

Les témoignages de formateurs et de professionnels de la santé évoquent un climat de frustration, accentué par des conditions de travail précaires et des rémunérations insuffisantes. Le gouverneur de la région de l’Ouest a récemment alerté sur la perte de près de 300 formateurs, seulement pour le premier 2025, une situation qui ne fait que s’aggraver.

Une crise post-électorale qui s’enlise…

Le contexte politique au Cameroun ajoute une dimension tragique à ce phénomène migratoire. Après les élections controversées, le pays traverse une crise qui renforce l’insatisfaction populaire. Les tensions politiques exacerbent la détérioration des conditions de vie, rendant de plus en plus difficile la tâche des enseignants et des médecins en particulier. Ceux-ci se retrouvent face à des choix déchirants : rester et subir, ou partir à la recherche d’un avenir plus prometteur.

Appel urgent à l’action…

Les conséquences de cette fuite des cerveaux ne se limitent pas à la perte de talents. Elles ont des répercussions profondes sur les secteurs éducatif et sanitaire, déjà mis à mal par des années de négligence et de déficit d’encadrement.

Il devient impératif pour le gouvernement camerounais de prendre des mesures proactives pour inverser cette tendance. Investir dans les infrastructures, augmenter les salaires des enseignants et des médecins, et créer un environnement de travail stimulant sont des étapes cruciales pour retenir les talents et reconstruire la confiance. Bref tout le système est à refaire.

Cris de désespoir face à un système défaillant…

Le départ massif des professionnels qualifiés du Cameroun vers des terres d’opportunités comme le Canada n’est pas qu’un simple transfert migratoire, c’est un cri de désespoir face à un système défaillant. Pour le Cameroun, agir est essentiel non seulement pour prévenir un effondrement de ses services essentiels, mais surtout pour redonner espoir à une génération qui aspire à contribuer à la construction d’un avenir meilleur.