Pour une affaire dit-on d’enlèvement d’une mineure un ouvrier de la plume tâte la paille fraîche au pénitencier de Yaoundé. Alors même que les preuves de ces accusations sont encore attendues.
Brand Kamga, accusé d’enlèvement d’une fillette est en détention depuis hier
Par Thomas Tankou___________
Le journaliste Brand Kamga, incarcéré à la prison centrale de Kondengui depuis le nuit dernière, a partagé son témoignage troublant au sujet des accusations qui pèsent contre lui. Accusé d’avoir tenté d’enlever la fille d’une athlète dont son média a récemment dressé le portrait, son histoire soulève des interrogations sérieuses sur le système judiciaire camerounais, en particulier en ce qui concerne les dispositions relatives au flagrant délit.
Un récit d’accusations qui interroge…
Selon Kamga, la situation a commencé lorsque le « fiancé » de la dame en question l’a contacté pour dénoncer une prétendue escroquerie de sa partenaire. Bien qu’il n’ait pas pu réaliser le reportage faute de preuves suffisantes, cela a conduit à des accusations contre lui. Il déclare ne jamais avoir rencontré la fille impliquée, et le fait qu’elle soit toujours au pays, malgré les menaces alléguées, soulève des questions sur la crédibilité des accusations.
Lors de son audition et confrontation, il a été convenu que la plaignante devait prouver la véracité de ses accusations. En parallèle, et selon les déclarations de Brand, le procureur du Tribunal de Grande Instance (Tgi) Mfoundi avait demandé des mesures pour contrer les accusations jugées sans preuves.
La problématique du flagrant délit…
Au Cameroun, le flagrant délit est une notion juridique qui permet à un agent de police de procéder à l’arrestation de quelqu’un surpris en train de commettre une infraction. Cette mesure vise à protéger les citoyens et à garantir la promptitude de la justice. Cependant, dans le cas de Brand Kamga, la situation semble en contradiction avec ces dispositions.
Le fait que le procureur ait demandé un renvoi de l’affaire pour permettre à la plaignante de fournir des preuves, en l’absence de celle-ci et de toute preuve tangible, soulève des inquiétudes. La loi est censée protéger les individus contre des accusations non fondées, mais ici, l’attente prolongée de Kamga en détention juxtaposée à un manque évident de preuves soulève des doutes quant à l’équité du processus judiciaire en cours.
Une représentation sans procuration…
La dernière audience n’a pas permis la libération de Kamga, malgré l’absence de la plaignante qui, représentée par sa tante sans procuration à en croire les dires de notre confrère, a requis un délai supplémentaire.
Cette pratique, d’après les déclarations du journaliste, semble refléter une volonté de ne pas juger l’affaire sans la plaignante présente, laissant ainsi un homme présumé innocent à la merci d’accusations sans fondements.
Brand Kamga, un homme dont la voix ne s’éteindra pas dans l’ombre des murs de la prison, continue de clamer son innocence face à ce qu’il qualifie d’affaire montée de toutes pièces. Le temps passé en détention sans preuve tangible pose des questions non seulement sur sa situation personnelle mais également sur le fonctionnement du système judiciaire au Cameroun.
Les dispositions sur le flagrant délit foulées au pieds…
Cette situation illustre les défis auxquels sont confrontés les journalistes au Cameroun, où la liberté d’expression et le droit à un procès équitable peuvent être compromis par des accusations infondées. Alors que Brand Kamga attend sa libération, lumière doit être faite sur l’importance du respect des principes fondamentaux de la justice, particulièrement en ce qui concerne les dispositions sur le flagrant délit. Dans un pays où la voix de la vérité est essentielle, il est impératif que la justice soit non seulement entendue, mais également rendue.
