Le sommet extraordinaire de la Communauté des États de l’Afrique Centrale (Cemac) tenu à Brazzaville le 22 janvier 2026 a mis en exergue les défis majeurs auxquels la communauté est confrontée, notamment en matière de gestion économique et monétaire.
La situation monétaire de la sous-région passée au scanner
Par Thomas Tankou___________
Au cœur de ces discussions se trouve l’examen de la situation à la Banque des États de l’Afrique Centrale (Beac), essentielle dans la gestion de la monnaie et la stabilité économique de ses États membres.
Une économie fragilisée par les dérives budgétaires…
Les conclusions du sommet soulignent avec une grande clarté que les dérives budgétaires nationales fragilisent l’édifice monétaire de la sous-région. En effet, le non-respect des normes communautaires, associé à des pratiques budgétaires inappropriées, crée un climat d’incertitude économique.
Les États membres, déjà sous pression, doivent maintenant faire face à une éclosion des réserves de change, ce qui complique encore davantage la situation.
La nécessité d’une discipline budgétaire stricte apparaît comme un impératif non seulement pour préserver la stabilité macroéconomique, mais aussi pour maintenir la crédibilité de la Beac. Une gestion rigoureuse des finances publiques est indispensable pour éviter des défaillances qui pourraient entraîner une instabilité monétaire à l’échelle régionale.
L’important rôle que joue la Beac…
Face à ces défis, le rôle de la Beac est à double tranchant. D’une part, elle doit stabiliser la monnaie de la région, renforçant ainsi la confiance des investisseurs et des citoyens. D’autre part, elle est chargée de préserver les réserves de change, essentielles pour assurer la liquidité sur les marchés financiers locaux.
A ce titre, la politique monétaire doit être ajustée de manière à contrer les effets négatifs de la détérioration budgétaire.
Stabilisation de la monnaie…
La stabilisation de la monnaie est cruciale pour enrayer le cycle de dévaluation qui menace l’économie. Une monnaie instable peut entraîner un ralentissement de l’investissement et une hausse de l’inflation, nuisant ainsi au pouvoir d’achat des consommateurs. La Beac doit donc adopter des stratégies efficaces, notamment via des interventions sur le marché des changes et un suivi rigoureux des paramètres économiques.
Préservation des réserves…
La préservation des réserves de change est tout aussi vitale. Des réserves solides permettent non seulement de stabiliser la monnaie, mais aussi de répondre aux besoins économiques des États membres, en particulier en période de crise. L’efficacité des mesures prises par la banque centrale dépendra de sa capacité à anticiper les fluctuations économiques et à adapter ses décisions en conséquence.
Financement de la production locale…
Parallèlement à ces impératifs, le financement de la production locale doit devenir une priorité. Une économie qui ne parvient pas à financer ses propres besoins sera constamment vulnérable aux chocs extérieurs. La Beac doit encourager le crédit et les investissements dans les secteurs productifs, soutenant ainsi la transformation économique de la région.
Des politiques incitatives, notamment à travers des taux d’intérêt attractifs pour les projets innovants et durables, devraient être mises en place. La collaboration entre la Beac et les gouvernements nationaux est essentielle pour créer un environnement propice à l’entrepreneuriat et à la création d’emplois.
Catalyseur de la croissance économique…
En somme, le sommet de la Cemac a mis en lumière des enjeux critiques qui exigent une action concertée. La Beac doit non seulement jouer son rôle régulateur, mais aussi servir de catalyseur pour la croissance économique régionale. La stabilisation de la monnaie, la préservation des réserves de change et le financement de la production locale doivent être des axes clés de la politique économique des États membres afin de bâtir une économie résiliente et durable. L’avenir économique de la Cemac dépendra de la capacité de ses membres à agir de manière coordonnée pour surmonter ces défis.
