La crise en cours entre le Port Autonome de Douala (Pad) et la Société Générale de Surveillance (Sgs) illustre tragiquement le brouhaha politique et administratif qui afflige le Cameroun. En dépit des injonctions claires énoncées par le Premier ministre, la direction du Pad semble choisir une voie obscurcie par des intérêts personnels et des manœuvres qui vont à l’encontre du cadre établi par l’État.
Malgré la rencontre avec le Premier ministre, la guerre des réseaux continue
Par Thomas Tankou___________
Les instructions données par la plus haute autorité gouvernementale étaient pourtant explicites : un retour immédiat de Sgs pour la gestion des opérations de contrôle des marchandises au port. Pourtant, le directeur général du Pad, en dépit de son rôle de serviteur de l’État, manifeste une résistance palpable, se livrant à des stratégies visant à écarter l’entreprise suisse au profit d’intérêts concurrents.
Ce comportement soulève des questions sur le sérieux et l’engagement des responsables à respecter les décisions gouvernementales.
Des consultations biaisées…
La réunion convoquée pour examiner les conditions de reprise des activités de Sgs peut être perçue comme une farce tragique. L’ordre du jour fixé par le Pad dépassait largement le cadre des directives officielles, abordant des sujets qui relèvent des prérogatives exclues de sa compétence.
En fin de compte, cette tentative de manipulation des discussions ne fait qu’accentuer la cacophonie au sommet de l’État, brouillant les lignes de communication et alimentant les tensions entre les différentes structures gouvernementales.
L’efficacité mise à rude épreuve…
Le comportement d’un responsable visant à diluer l’intervention d’un partenaire stratégique souligne une réalité préoccupante : la quête de l’efficacité semble être obscurcie par des rivalités interpersonnelles et des intérêts de pouvoir. Ce tableau est d’autant plus troublant qu’il affecte directement la fluidité des opérations au port, un axe économique clé, et par ricochet, l’ensemble de l’économie nationale et sous-régionale.
Un appel à la rationalité…
La position de Sgs, qui s’oppose au chantage du Pad tout en affirmant sa volonté d’opérer sans conditions, représente un appel à la rationalité. Dans un contexte où la sécurité, la logistique, et la compétitivité économique sont en jeu, il est impératif que l’État prenne ses responsabilités au sérieux et mette fin aux dérives inutiles. Au lieu de céder aux manœuvres politiciennes, les dirigeants devraient veiller à ce que les directives émises par le gouvernement soient respectées et appliquées de manière rigoureuse.
Illustration frappante de la cacophonie au sommet de l’Etat…
La situation actuelle au Port Autonome de Douala est une illustration frappante de la cacophonie qu’on observe en haut lieu au Cameroun. La nécessité d’une gouvernance claire, cohérente et respectueuse des directives gouvernementales est plus que jamais pressante. Dans un monde où la compétition économique est féroce, les querelles internes ne devraient pas prendre le pas sur l’engagement envers l’intérêt général. Le secteur public doit, en priorité, se concentrer sur le service à l’État et à ses citoyens, plutôt que sur des luttes de pouvoir stériles.
