La situation des Camerounais renvoyés des États-Unis d’Amérique vers leur pays d’origine soulève des enjeux majeurs de droits humains et de responsabilité entre États.

L’étrange silence des autorités camerounaises

Par Cyprien Afana Tsama_________

Alors qu’ils ont été expulsés dans des conditions dégradantes, ces concitoyens se retrouvent désormais emprisonnés dans des conditions inhumaines à la Police Judiciaire d’Elig-Essono.

Ce contexte questionne non seulement le traitement réservé à ces citoyens, mais également la réaction, ou plutôt l’inaction, du gouvernement camerounais.

Des conditions de détention alarmantes…

À leur arrivée, ces Camerounais, parmi lesquels figurent des femmes, sont immobilisés dans un espace exigu et insalubre. La surpopulation et le manque d’accès à des besoins fondamentaux, tels que l’eau potable, suscitent une interrogation profonde sur la dignité humaine. Comparativement à d’autres expulsés d’Afrique, ces Camerounais semblent être traités comme des criminels, renvoyant à une forme de stigmatisation inacceptable.

L’opacité des raisons officielles…

Le régime en place justifie cette détention par des motifs de sécurité. Evoquant des vérifications nécessaires sur des allégations sans fondement. L’argument selon lequel ces individus seraient liés à des actes de violence contre des ambassades est douteux, en particulier lorsque l’on considère qu’aucun incident n’a été signalé concernant l’ambassade du Cameroun à Washington. Cette incohérence appelle à une transparence urgente sur les véritables motifs qui sous-tendent cette détention.

L’incompréhensible silence des autorités…

Face à la détresse manifeste de ces citoyens, le gouvernement affiche un silence préoccupant. Il n’est pas seulement question de l’absence de déclaration officielle, mais aussi d’une indifférence apparente face à la souffrance humaine. Cette attitude pose question et devient un sujet d’inquiétude pour les observateurs des droits humains.
Les familles des détenus se retrouvent plongées dans l’incertitude, sans aucune communication officielle sur leur sort.

L’affaire des Camerounais expulsés des États-Unis devrait non seulement susciter l’indignation, mais aussi appeler à une mobilisation générale tant des acteurs de la société civile que des organisations de défense des droits humains. L’obscurité qui entoure cette affaire et le mutisme du gouvernement de Yaoundé font écho à un besoin urgent de réexamen des politiques d’accueil et de traitement des citoyens. La dignité humaine ne doit jamais être mise de côté, quelles que soient les circonstances.