Ce 3 novembre, la capitale de la région de l’Ouest, s’est réveillée dans un silence inquiétant. Ce calme troublant n’est pas le résultat d’un repos mérité, mais plutôt le reflet d’une ville paralysée par la peur et les violences récentes.
Situation apocalyptique à Bafoussam, entre peur, silence et revendications
Par Sam Noukat____________
Les événements tragiques du 15 octobre ont laissé des cicatrices profondes, engendrant une atmosphère de méfiance généralisée.
Une paralysie inédit…
Les appels à des « villes mortes » ont été suivis avec une intensité sans précédent. Des quartiers d’ordinaire animés tels que Tamdja, Banengo, Nylon, quartier Haoussa…sont restés desper ement vides. Les marchés, symboles de la vitalité économique de Bafoussam, sont closs, et même les moto-taximen, d’habitude omniprésents dans les artères, ont déserté les rues.
Les écoles sont devenues des lieux fantômes, pas d’élèves, pas d’enseignant. Malgré les tentatives des autorités de rassurer la population, leur discours d’apaisement se heurte à une psychose collective.
Les témoignages des habitants illustrent la gravité de la situation. Les forces de sécurité, bien que présentes, exacerbent ce climat de tension par des contrôles incessants qui laissent la population traumatisée et méfiante.
Un sentiment d’abandon…
Bafoussam semble coupée du reste du pays ce matin. Les routes vers Bandjoun et Foumbot sont presque désertes. Les agences de voyages quant à elles ont suspendu leurs services par crainte d’affrontements. L’économie locale, fleuron de l’informel, déjà fragilisée, subit des pertes colossales, et les commerçants expriment un désespoir grandissant.
Cette paralysie économique est préoccupante. La peur et l’angoisse dominent, menaçant l’équilibre social de la région.
Une réelle volonté de changement…
Malgré cette atmosphère pesante, un désir de changement persiste au sein de la population. Les habitants, bien que tétanisés par la peur des représailles, aspirent à un véritable dialogue avec le régime. Ils souhaitent que leurs voix soient entendues, que leurs revendications soient prises en compte, et que le verdict des urnes soit respecté. La colère silencieuse qui monte témoigne d’une frustration face à un système perçu comme déconnecté des réalités du terrain.
Les élites, souvent muettes face à la détresse de leurs concitoyens, doivent prendre conscience de cette fracture qui se creuse. La situation à Bafoussam ne peut perdurer sans conséquences. Les populations, en quête de paix et de stabilité, réclament un apaisement tangible, loin des communiqués déconnectés de la réalité.
Une populations résiliente…
Bafoussam vit des heures sombres, mais la résilience de sa population est palpable. La peur peut paralyser, mais elle ne peut pas étouffer l’espoir d’un changement. Les habitants de l’Ouest, au-delà de leur appréhension, semblent déterminés à faire entendre leurs voix et à exiger des réponses face à une situation insupportable. La question demeure : combien de temps encore cette ville pourra-t-elle supporter ce silence imposé, et jusqu’où ira la volonté des populations pour rétablir un dialogue constructif avec le pouvoir en place ?
