Placé sous soins au Centre médical militaire au Secrétariat d’État à la défense (Sed), Anicet Georges Ekane souffrait d’une insuffisance respiratoire due au Covid 19. La nouvelle de son décès a été rendue publique aux premières heures de la matinée hier lundi.

Le gouvernement avait prévu l’autopsie pour ce mardi à 10 heures

Par Thomas Tankou_____________

La décision des autorités camerounaises de procéder à une autopsie sur le corps d’Anicet Georges Ekane, président du Manidem, soulève de nombreuses interrogations.

Prévue ce matin à 10 heures, cette initiative a été vivement contestée par la famille du défunt, qui réclame une autopsie indépendante. Cette tension entre l’autorité gouvernementale et la famille laisse penser à une précipitation qui semble suspecte et soulève des questions sur la transparence des circonstances entourant sa mort.

Un contraste inquiétant…

Le timing de l’autopsie, programmé sans concertation préalable avec la famille du de cujus, paraît non seulement inopportun, mais également suspect. Anicet Ekane était en détention au Centre médical militaire de la gendarmerie nationale, et sa mort est entourée de zones d’ombre. Ce qui en rajoute à la situation, c’est le fait qu’il avait été privé de son concentrateur d’oxygène, un élément crucial pour sa santé.

La précipitation des autorités à autopsier le corps, malgré les réticences de la famille, semble indiquer une volonté de contrôler la narrative entourant sa mort. Pourquoi une telle hâte ? Qu’est-ce qui pourrait inciter le gouvernement à chercher à clore rapidement ce chapitre ? Les enchevêtrements de l’histoire politique camerounaise, marquée par des luttes de pouvoir et des tensions entre l’État et les acteurs politiques, laissent entrevoir des raisons potentielles.

L’appel à une autopsie indépendante…

En faisant appel à Maître Bourdon du barreau de Paris, la famille d’Anicet Ekane cherche à garantir une autopsie qui ne serait pas influencée par les autorités locales. Maître William Bourdon est un avocat du barreau de Paris, inscrit depuis 1980. Il est connu pour son engagement dans la défense des droits de l’homme et son travail en droit pénal des affaires et droit de la communication.

Ce choix témoigne d’un besoin de confiance et de transparence, essentiels pour clarifier les circonstances de la mort. L’autopsie indépendante pourrait permettre de dissiper les doutes qui planent et de lever le voile sur les causes réelles du décès, dans un contexte où les rumeurs et les spéculations prospèrent.

La demande de la famille souligne une méfiance croissante envers les institutions gouvernementales. Dans une société où les discours officiels peuvent souvent masquer des vérités dérangeantes, il est légitime que la famille cherche une validation extérieure des faits.

Une précipitation qui interroge…

L’opposition de la famille d’Anicet Ekane à l’autopsie gouvernementale est symptomatique des relations souvent tendues entre l’État et certains acteurs de l’opposition au Cameroun. La précipitation du gouvernement à procéder à cette autopsie, couplée à la demande d’une expertise indépendante, ouvre un débat crucial sur la transparence et la confiance en matière de justice. La suite des événements sera scrutée avec attention, tant par les médias que par l’opinion publique, qui surveillent de près cette affaire pour déceler la vérité derrière la mort tragique d’un homme politique engagé. Un temoins occulaire de la fusillade du nationaliste Ernest Ouandie le 15 janvier 1971 par le régime d’Amadou Ahidjo, sur la place publique à Bafoussam.