Le football, véritable passion nationale au Cameroun, se trouve de plus en plus dans un tourbillon de gestions douteuses. Une analyse comparative entre le vainqueur de la dernière Can et notre pays met en lumière le contraste saisissant en matière de gestion des ressources sportives lors de la dernière coupe du monde, c’était le même scénario.

Comment la Fecafoot et le ministère des sports gèrent les finances dans une opacité totale

Par Thomas Tankou____________

Les déclarations de l’ancien international sénégalais El Hadj Diouf sont implacables. Au Sénégal, l’État a décidé d’investir un milliard de francs Cfa pour la participation à la Coupe d’Afrique des Nations (Can) au Maroc. Cette approche a donné des résultats probants : l’équipe a remporté le tournoi et la Fédération sénégalaise a réussi à rembourser une les fonds au trésor public. Ce modèle de gestion éthique souligne une transparence et une efficacité qui manquent cruellement au Cameroun.

En revanche, la situation au Cameroun est préoccupante. La Fédération camerounaise de football (Fecafoot) a reçu 5 milliards de francs Cfa. Cependant, la destination de cet argent reste obscure. La demande récente de 700 millions de francs Cfa supplémentaires témoigne de cette opacité persistante. Les citoyens sont laissés dans l’ignorance concernant l’utilisation des ressources, ce qui alimente le mécontentement général.

La nécessité de transparence s’impose…

Il est impératif d’exiger un rapport éclairci sur l’utilisation des sommes allouées à la Fecafoot, notamment après la dernière Coupe du Monde où la gestion financière a été largement critiquée. Le peuple camerounais mérite de savoir comment l’argent public, déjà rare dans un contexte économique difficile, est dépensé.

Un manque de transparence peut alors avoir des conséquences désastreuses pour un pays aux prises avec plusieurs défis socio-économiques.

La responsabilité sociale des dirigeants…

Les dirigeants sportifs, ainsi que les responsables gouvernementaux, doivent prendre conscience de leur responsabilité envers la société. Dans le contexte actuel, il est impensable d’affecter des fonds publics à des dépenses superflues. Les événements sportifs devraient non seulement célébrer la fierté nationale, mais également contribuer au développement durable et à l’amélioration des conditions de vie des citoyens.

Un aspect préoccupant est la situation de l’entraîneur belge Marc Brys, qui continue de percevoir un salaire du ministère des Sports. Pendant ce temps, son successeur, David Pagou, se retrouve sans salaire fixe et dépend uniquement de primes, ce qui soulève des questions sur l’équité et la gestion des ressources humaines au sein de la Fecafoot. Ce paradoxe met en lumière une gestion inégale et soulève des inquiétudes quant à la façon dont les talents locaux sont valorisés.

S’inspirer du modèle sénégalais…

La gestion des fonds publics attribués à la fédération sportive constitue un sujet brûlant qui nécessite une attention immédiate. Le modèle sénégalais, qui allie succès sur le terrain et rigueur financière, devrait servir de leçon pour le Cameroun. Un changement de mentalité, accompagné d’une transparence accrue dans la gestion des ressources, est essentiel pour garantir un avenir florissant au football camerounais et pour le pays dans son ensemble. Il s’agit non seulement d’une question d’éthique, mais aussi d’un impératif pour la bonne gouvernance, en totale responsabilité envers la société.