L’affaire opposant Maître Penka Michel à Vox Africa et autres soulève des questions essentielles sur le droit et son utilisation comme arme de retardement. Alors que le Tribunal de première instance de Dschang se prépare à une nouvelle audience ce 26 février, la situation de Maître Penka, qui s’est absenté lors des six précédentes sessions, appelle à une réflexion critique sur l’usage stratégique des procédures judiciaires. Évocation.
Procès Penka Michel contre Vox Africa, « Kwemtche », Rbu… : Les stratégies du dilatoire
Par Thomas Tankou___________
Un retardement stratégique et une manipulation processuelle, utilisés comme un outil au service du dilatoire.
L’absence répétée de Maître Penka Michel ne se limite pas à un simple manquement à ses obligations. Elle semble, au contraire, constituer une tactique délibérée visant à perturber le cours normal de la justice. En provoquant des renvois à plusieurs reprises, il envahit le tribunal d’une forme de dilatoire qui, au lieu de favoriser un procès équitable, contribue à miner le respect des délais réglementaires et à instaurer une atmosphère de confusion.
Ce phénomène de manipulation des procédures judiciaires risque de saper la confiance du public dans des institutions qui sont censées garantir l’équité. Il renvoie l’image d’un individu plus soucieux de préserver ses intérêts personnels que de permettre une résolution rapide et juste des conflits.
La question de la mémoire et du récit historique…
Loin des enjeux immédiats de l’affaire, se profile une problématique plus large : celle de la mémoire collective et des narrations historiques. Dans ce contexte, il est essentiel de reconnaître que le droit ne doit pas être un instrument de répression des voix dissidentes. Une telle dérive procède de la même logique qui pénalise la remise en question des discours dominants sur le passé.
Ces antiques débats sur la légitimité des récits historiques, tout en étant d’une portée largement universelle, se dévoilent ici à travers le prisme d’un procès qui, s’il était traité avec équité, pourrait éclairer la complexité des histoires individuelles et collectives.
La régulation des discours sur le passé ne devrait pas devenir une arme pour entraver le droit d’expression ni une méthode pour diminuer le poids des critiques justifiées.
Au-delà d’un dilatoire savamment enchevêtré…
Face à l’attitude dilatoire de Maître Penka Michel, il est impératif de dénoncer cette tactique qui non seulement retarde le verdict de l’affaire, mais risque aussi de miner le fondement même du droit à un procès juste. Les institutions judiciaires doivent veiller à ce que leurs procédures ne soient pas abusées et doivent, à travers des décisions courageuses, garantir que le principe d’équité ne se perde pas dans les méandres de manœuvres dilatoires.
L’enjeu n’est pas seulement de rendre un verdict, mais de protéger la justice contre ceux qui cherchent à la subvertir. Les responsabilités de chacun dans la quête de la vérité sont plus que jamais d’actualité ; elles constituent les fondations sur lesquelles reposent la dignité humaine et le respect des droits fondamentaux.
