La convocation, pour le 12 au 18 avril au Musée national, de la « deuxième journée des notables Bangou » a poussé le prince Tiamegny Luther et le notable Mba Sah Kondieu Tayo Alexis à saisir, le 20 mars 2026, le ministre des Arts et de la Culture.

Quand un des prétendants use des lieux culturels pour se légitimer

Par Thomas Tankou___________

Le prince et le notable de la cour demandent l’annulation de l’événement, organisé par un collectif que la cour royale accuse d’usurpation et de division.

Faits essentiels…

-L’événement est coordonné par Tchihou Tayo Arnaud, qui se présente comme roi des Bangou ; une autre franche soutient que Sa Majesté Ngambou Kemayou Maurice est le souverain légitime.
-Une commission d’enquête administrative, créée en 2022 par arrêté du Premier ministre, n’a pas jamais publié ses conclusions.
-La cour royale craint qu’organiser la manifestation avant le verdict n’envenime le conflit.

Analyse synthétique…

1) Imposture du « groupe de notables »
Le collectif tente de légitimer une représentation concurrente en usant d’un label respecté et d’un lieu symbolique (Musée national). -Présenter un prétendant comme « roi » sans reconnaissance coutumière revient à usurper la représentation d’une communauté, avec des conséquences sur le leadership local, l’accès aux ressources et la cohésion sociale.

2) Rôle des institutions publiques :

-Accueillir l’événement dans un espace national donne une apparence d’aval institutionnel. En l’absence du rapport de la commission, l’État doit éviter d’apparaître comme validant une initiative susceptible d’aggraver les tensions.

3) Risques d’escalade :
-Maintenir la manifestation peut polariser la communauté, provoquer des incidents et affaiblir la crédibilité des autorités traditionnelles reconnues.

Recommandations
-Suspendre provisoirement l’autorisation de l’événement en attendant le rapport de la commission ou l’issue d’une médiation indépendante.
-Publier rapidement et de façon transparente les conclusions de la commission d’enquête.
-Instaurer des règles administratives exigeant la vérification des mandats coutumiers pour les événements se réclamant d’une chefferie.
-Sensibiliser les institutions culturelles pour qu’elles n’hébergent pas des opérations de légitimation d’acteurs contestés.

Lieux et label culturels pour gagner en visibilité…

L’affaire révèle une tentative d’usurpation de représentation utilisant des lieux et labels culturels pour gagner en visibilité. Pour préserver la paix sociale et la légitimité coutumière, l’État et les institutions culturelles doivent agir avec prudence, transparence et fermeté.