Les discours de haine et l’incitation au tribalisme véhiculés sur les réseaux sociaux, relayés sur certains plateaux de télévision et des chaînes de radio, sont à l’origine des scènes de violence qui se multiplient au Cameroun.
Deux morts lors d’affrontements inter-ethniques
Par Cyprien Afana______________
Une situation explosive…
Des émeutes inter-ethniques ont éclaté ce jour à Meyo-Centre, dans le département de la Vallée du Ntem, région du Sud Cameroun.
Ce matin, un autochtone Ntumu a été tragiquement tué par des individus qualifiés d’allogène, selon des témoignages recueillis sur place. Ce meurtre a déclenché une spirale de violence, entraînant des représailles meurtrières de la part des autochtones Ntumu et Mvaé, qui ont également ôté la vie à un allogène.
Une communauté en ébullition…
La situation déjà tendue s’est transformée rapidement en une véritable chasse à l’homme. Les tensions entre ces différentes communautés ethniques se sont intensifiées, alimentées par des ressentiments historiques et des rivalités locales.
Des témoins rapportent une atmosphère de peur et d’insécurité, où chaque groupe se méfie de l’autre, exacerbant ainsi les tensions.
Les réseaux sociaux : Un terreaux sur lequel se développe la haine…
Ce climat de violence est amplifié par les discours de haine qui circulent sur les réseaux sociaux. De nombreux utilisateurs, souvent anonymes, se cachant derrière de faux profils, propagent des messages incitant à la violence et à la vengeance. Ces discours sont relayés par des plateaux de télévision et des chaînes de radio, qui, au lieu de promouvoir la paix et la réconciliation, contribuent à attiser les flammes de la discorde.
Les leaders d’opinion, par leur silence ou leur complicité, laissent la place à des narrations simplistes qui dépeignent les groupes ethniques comme des ennemis irréconciliables. Cette stigmatisation des «autres» ne fait qu’envenimer une situation déjà explosive.
Appel à la réflexion…
Face à cette escalade de la violence, il est impératif que les acteurs de la société civile, les autorités locales et les médias prennent conscience de leur rôle crucial dans la prévention de la violence. Promouvoir un dialogue constructif, encourager la compréhension mutuelle et dénoncer les discours de haine, sont des étapes essentielles pour restaurer la paix dans la Vallée du Ntem et au Cameroun en général.
La situation actuelle rappelle douloureusement combien il est vital d’œuvrer pour l’harmonie entre les différentes communautés qui cohabitent dans notre pays, en choisissant des mots qui rassemblent plutôt que des discours qui divisent. La paix ne peut se construire que sur le respect mutuel et la solidarité, des valeurs qui semblent aujourd’hui menacées dans cette région.
Un Cameroun uni dans sa diversité…
La Vallée du Ntem se trouve à un carrefour critique. Alors que la chasse à l’homme se poursuit, il est temps de réfléchir aux conséquences de nos paroles et de nos actions. La haine ne doit pas triompher ; il est essentiel de travailler ensemble pour un avenir où chaque vie compte, peu importe l’origine ethnique.
