La paralysie des transports dans les régions du Septentrion, du Littoral, de l’Ouest et du Nord-Ouest du Cameroun, sous l’effet des « villes mortes », suscite de vives inquiétudes quant à son impact sur l’économie du Cameroun. Analyse…

Les effets sont déjà perceptibles dans certains secteurs de l’économie nationale

Par Thomas Tankou_____________

Les hausses de prix des denrées de première nécessité comme la viande, les oignons, les tomates… illustrent déjà une crise alimentaire imminente. Les répercussions à moyen et long terme de ces débrayages sur l’économie camerounaise auront un impact dévastateur.
En nous référent aux événements similaires des années 1992, où les autorités avaient pourtant minimisé l’impact.

Villes mortes : Le phénomène n’est pas nouveau au Cameroun…

Historiquement, les villes mortes ont été des manifestations de mécontentement social et politique au Cameroun. En 1992, les mouvements de contestation suite à la crise post-électorale avaient provoqué des arrêts de travail et paralysé l’économie, avec des conséquences qui se font encore sentir aujourd’hui. La fermeture des commerces et l’immobilisation des transports avaient conduit à une augmentation des prix et à une crise de l’approvisionnement.

Ces événements nous rappellent que les répercussions des villes mortes ne se limitent pas à des effets immédiats, mais s’étendent sur plusieurs années.

Analyse superficielle et mesures cosmétiques…

À court terme, la situation actuelle semble déjà préjudiciable. À l’Ouest du pays, le gouverneur Awa Fonka Augustine a mis en place des commissions de veille pour contrôler les présences au travail, mais cela ne résout pas le problème fondamental de l’approvisionnement. Les mesures cosmétiques, telles que les convois sécurisés proposés par le ministre des Transports, n’atténueront pas la flambée des prix. En effet, le coût supplémentaire du carburant et des frais de mission sera inévitablement répercuté sur le consommateur.

À moyen terme, les effets sur l’économie peuvent être plus graves. Les entreprises, déjà fragilisées par la crise, pourraient voir leur rentabilité diminuer, entraînant des licenciements et une augmentation du taux de chômage.

Ce phénomène pourrait également décourager les investisseurs, qui pourraient percevoir le Cameroun comme un pays à risque. La fluctuation des prix des denrées alimentaires pourrait provoquer des tensions sociales croissantes, aggravant le climat d’instabilité.

Répercussions à long terme…

Les conséquences à long terme pourraient être dévastatrices. Si le cycle des villes mortes se répète, les effets s’accumuleront, entraînant une érosion continue de la confiance dans les institutions économiques du pays. Les chaînes d’approvisionnement, déjà fragiles, pourraient se retrouver définitivement altérées, rendant difficile le rétablissement d’un équilibre économique.

De plus, l’image du Cameroun à l’international pourrait en souffrir. Les chancelleries étrangères, observant l’absence d’une réponse efficace aux crises internes, pourraient recommander à leurs ressortissants d’éviter le pays.

Toute chose pouvant avoir des répercussions sur le tourisme et les investissements étrangers, deux secteurs cruciaux pour l’économie camerounaise.

Analyser les implications économiques profondes…

Le débat sur les villes mortes ne devrait pas se limiter à des considérations superficielles. Il est impératif d’analyser les implications économiques profondes de ces événements. L’histoire des villes mortes de 1992 nous enseigne que les décisions prises dans un contexte de crise peuvent avoir des répercussions durables sur l’économie. À ce titre, il est urgent que les décideurs politiques prennent en compte ces éléments pour éviter de répéter les erreurs du passé et favoriser une stratégie de développement économique durable. Les enjeux sont réels, et l’avenir économique du Cameroun en dépend.