La récente libération du brillant universitaire, intervenue le 5 décembre 2025, soulève de nombreuses questions quant à la gestion des droits humains au Cameroun, et met en lumière des inégalités flagrantes dans le traitement des opposants politiques au Cameroun.

Le professeur Oyono Aba’a veut traîner la Dgre au tribunal militaire

Par Thomas Tankou__________

L’universitaire a été incarcéré durant 42 jours dans le cadre de la crise post-électorale, manifestation d’un climat d’instabilité et de tensions politiques dans le pays.

Le contexte de l’incarcération…

Oyono Aba’a a été arrêté le 25 octobre 2025, aux côtés de plusieurs de ses collègues, lors d’une vague de répression visant les partisans d’Issa Tchiroma. Leur interpellation, loin d’être un acte isolé, s’inscrit dans un cadre plus large de répression à l’encontre de toutes voix discordantes. Alors que certains comme Aba’a Oyono ont retrouvé la liberté, d’autres, dont Djeukam Tchameni Parfait Mbvoum…, demeurent en détention. Ce traitement disparate soulève des questions éthiques et juridiques quant à l’impartialité du système judiciaire camerounais.

Le droit à réparation…

La libération d’Oyono Aba’a ne devrait pas effacer l’injustice subie durant sa détention. Dans sa communication à la Dgre, il évoque son droit à des réparations, soit trois milliards de préjudices, en raison de l’atteinte à sa sécurité et son intégrité morale. Cela se justifie par plusieurs éléments :

1.Arrestation Injustifiée : Aucune justification claire n’a été donnée concernant son arrestation et sa détention. Les principes du droit pénal stipulent que toute privation de liberté doit être fondée sur des bases légales et proportionnées.

2.Conditions de Détention : Les reportages sur les conditions de détention au Cameroun évoquent des situations déplorables, souvent synonymes de torture et d’abus. Le décès récent d’Anicet Ekanè en détention illustre tragiquement ces conditions.

3.Inégalités dans le Traitement : La détention continue d’autres opposants politiques alors qu’Oyono a été libéré souligne une discrimination manifeste dans le système judiciaire. Cela renforce l’argument selon lequel les décisions de justice sont influencées par des critères politiques.

Un appel à la justice…

L’initiative d’Oyono Aba’a de saisir le Tribunal Administratif et le Tribunal Militaire pour obtenir justice et réparation est une démarche légitime et nécessaire. Elle renvoie à une attente croissante de la société civile pour une justice équitable et un respect des droits humains.

Vers un changement nécessaire…

La situation d’Aba’a Oyono et des autres détenus témoigne d’un besoin urgent de réformes au sein du système judiciaire camerounais. L’État doit reconnaître ses erreurs et engager un dialogue constructif pour résoudre les injustices perpétrées. Des réparations pour les victimes politiques, comme dans le cas d’Oyono, seraient un premier pas vers une reconnaissance des crimes commis et un acte significatif pour la réconciliation nationale.

Ce dossier, loin d’être clos, appelle à une vigilance accrue et à des actions concrètes pour protéger les droits fondamentaux de chacun, dans le respect de la dignité humaine.