La journée d’hier 7 novembre, a marqué un nouvel épisode tragique de l’inquisition post-électorale qui se déroule à Yaoundé. Cette nouvelle vague de déférés soulève de vives inquiétudes quant au respect des droits humains et la légalité des procédures judiciaires en cours au Cameroun.
Les juridictions civiles et militaires visiblement débordées
Par Thomas Tankou_____________
Le rapport des avocats de la défense coordonnés par Maître Hippolyte BT Meli, met en lumière des arrestations arbitraires et une gestion opaque des transferts judiciaires.
Contexte des arrestations…
Le nombre alarmant de 121 citoyens interpelés dans des conditions similaires et déférés sans critères clairs témoigne d’une dérive inquiétante. Les personnes arrêtées, dont plusieurs ont été transférées, sont victimes d’une inquisition qui semble plus politique que judiciaire. Les cas de personnalités comme le Président Ekane Anicet, Djeukam Tchameni et le Pr Calvin Oyono Abah, bien qu’absents du groupe déféré ce 7 novembre, illustrent l’arbitraire des décisions des autorités.
Cas d’Anicet Ekane, Djeukam Tchameni et Pr Calvin Oyono Abah…
Ces trois figures, qui n’ont pas été déférées avec leurs concitoyens, soulèvent des questions. Leur non-participation à ce groupe pourrait être perçue comme une tentative des autorités de se distancier d’une potentielle opinion publique défavorable, ou encore de préserver ceux qui pourraient jouer un rôle crucial dans un cadre politique futur. L’absence d’accusations claires à leur encontre, en contraste avec la répression contre d’autres, semble indiquer une stratégie de sélection visant à protéger certains éléments tout en écrasant la dissidence.
Disparités dans le traitement judiciaire…
La défense souligne que les 121 déférés ont été répartis entre deux juridictions incompatibles : le Tribunal Militaire et le Tribunal de Première Instance. Cette double saisine, sans explication valable, pose selon la défense, un problème de légitimité et de transparence. L’absence de critères clairs pour ces transferts renforce l’idée d’un traitement inégal et arbitraire, accentuant la suspicion d’une manipulation politique.
Arbitrage de la justice…
L’inquiétude des avocats de la défense est grandissante. Les 52 personnes envoyées au Tribunal Militaire semblent avoir été choisies pour des raisons obscures, tandis que les 69 autres ont été transférées à une juridiction civile. Cela soulève des interrogations sur les critères de sélection, notamment si des considérations politiques influencent le choix du tribunal.
Ce phénomène de déportation, qui peut être assimilé à une disparition forcée, représente une grave violation des droits fondamentaux.
Violations des droits humains…
Les allégations de privations de liberté illégales et de traitements inhumains sont alarmantes. Les avocats, n’ayant pas reçu d’informations claires sur les motifs d’arrestation ou de déferrement, se retrouvent face à un système judiciaire qui semble ignorer les principes les plus fondamentaux du droit. Les conditions de détention dans des centres non identifiés ajoutent à ce climat de peur et d’incertitude.
Manipulation des procédures judiciaires…
La situation à Yaoundé est préoccupante. L’arbitraire des arrestations, la manipulation des procédures judiciaires et la répression politique sont des indicateurs d’un régime qui semble prêt à sacrifier l’état de droit au nom de la stabilité. Les cas d’Anicet Ekane, Djeukam Tchameni et Pr Calvin Oyono Abah, témoignent d’une réalité où la justice est de plus en plus instrumentalisée.
Il est impératif que la communauté internationale et les acteurs locaux restent vigilants face à ces dérives et exigent des comptes. L’opinion publique doit être informée et mobilisée pour défendre les droits des victimes de cette inquisition, car le silence complice ne fera qu’aggraver la situation.
