Dans un contexte où les habitudes de lecture sont de plus en plus mises à mal par la surabondance des distractions numériques, la création du club « Les amis du livre » à Yaoundé, sous l’égide du professeur Soh Charles, représente un souffle nouveau pour la promotion de la lecture et de l’écriture au Cameroun.

Un club baptisé « Les amis du livre » porté sur les fonts baptismaux à Yaoundé

Par Thomas Tankou__________

Ce projet ambitieux incarne une volonté de rétablir le livre comme socle d’un épanouissement harmonieux au sein de la jeunesse camerounaise.

Un cadre propice à la lecture…

Le choix de localiser cette initiative au sein de l’institut universitaire d’Afrique (Iua) à Nkolbisson, une banlieue de la capitale camerounaise, témoigne d’une volonté d’ancrage académique. Cet environnement, soigneusement aménagé au sein du campus pour accueillir les passionnés de la littérature, favorise un échange intellectuel qui dépasse le simple acte de lire. En mettant à disposition une sélection rigoureuse d’ouvrages traitant des enjeux historiques, sociaux et politiques de l’Afrique, notamment le Cameroun, le club se positionne comme un pôle de réflexion et de débat.

Une nécessaire redynamisation de la lecture…

Le club « Les amis du livre » ne se limite pas à une simple bibliothèque. Il entend en faire un moteur de dynamisme culturel. L’initiative se donne pour mission de promouvoir la lecture par des activités structurées, telles que des rencontres littéraires, des ateliers d’écriture et des participations actives à des foires du livre, tant régionales qu’internationales.

Cette approche systémique augure bien d’un nouvel engouement pour la littérature, en redonnant aux jeunes l’envie d’explorer des horizons variés à travers la lecture.

Lutte contre la désinformation…

À l’heure où les réseaux sociaux pèsent lourdement sur les habitudes de consommation d’informations, le club se fixe un défi de taille : attirer les jeunes vers des ressources qui enrichissent et forment. Contrairement à la superficialité souvent véhiculée sur les plateformes numériques, le livre s’impose ici comme un outil de construction de soi et d’ouverture d’esprit.

En invitant les jeunes à quitter un milieu « infernal », comme le décrit si bien le professeur Soh, le club vise à déclencher une dynamique de curiosité et de savoir.

La portée sociale de l’initiative…

Au delà de son rôle éducatif, cette initiative revêt une dimension sociale. En favorisant la lecture et l’écriture, elle contribue à l’épanouissement de chaque Camerounais, qu’il soit enfant, élève ou étudiant. La promotion de l’accès à la littérature est également un pas vers l’inclusion et l’émancipation des couches sociales souvent marginalisées dans le domaine de l’éducation. En facilitant l’accès à une culture littéraire diversifiée, le club « Les amis du livre » devient un acteur de changement dans le paysage socioculturel camerounais.

Un projet de société qui vient de la société civile…

L’initiative du club « Les amis du livre » est porteuse d’un véritable projet de société. Elle positionne le livre non seulement comme un instrument de loisir, mais comme un véritable vecteur d’épanouissement et de développement personnel. Par cette action collective et réfléchie, le professeur Soh et son équipe d’universitaires œuvrent résolument pour un Cameroun où la culture littéraire serait valorisée, et où la lecture danserait au rythme des aspirations des jeunes générations. Ainsi, le club ne se contente pas de promouvoir la lecture, il en fait une véritable célébration de l’identité camerounaise et un levier pour un avenir prometteur.