En cette fin d’année 2025 au Cameroun, un duel médiatique particulier se profile : celui entre le discours politique traditionnel du président Paul Biya et les exploits de l’équipe nationale de football sur le terrain.
Entre message de Paul Biya à la nation et match des Lions indomptables :
Choix difficile chez les téléspectateurs ce 31 décembre
Par Thomas Tankou____________
Le choc sera d’autant plus poignant demain soir, avec un match crucial contre le Mozambique. Alors que cette situation met en lumière l’engouement pour le sport, elle soulève également une question cruciale : pourquoi tant de Camerounais choisissent-ils la passion du football au détriment de l’engagement civique face aux défis que leur pays affronte ?
La passion du football : Un échappatoire…
Le football est plus qu’un simple sport au Cameroun ; il représente un véritable exutoire pour des millions de citoyens. Toute chose qui fait l’affaire du régime de Yaoundé. Les matchs de l’équipe nationale suscitent une ferveur collective, une communion qui transcende les clivages politiques et socio-économiques. Dans un pays où les préoccupations quotidiennes sont marquées par la réalité de la vie chère, de la sécurité et d’autres enjeux sociopolitiques, le football apparaît comme une bulle de bonheur, un moment d’espoir et de fierté collective.
Cependant, cette passion peut devenir une distraction, un réflexe face à l’inertie politique et aux difficultés du quotidien. Beaucoup préfèrent se laisser emporter par l’adrénaline d’un match, évitant ainsi de s’engager dans des discussions plus profondes sur la gouvernance ou les droits civiques. Cette attitude, bien que compréhensible, interroge sur la priorisation des préoccupations personnelles par rapport aux enjeux sociaux pressants.
Un défi pour la conscience civique…
Le choix entre suivre le message présidentiel et soutenir les Lions indomptables lors de ce choc médiatique souligne une dualité inédite. D’un côté, le président annonce des orientations sur des problèmes cruciaux, de l’autre, les Lions promettent une soirée de divertissement et d’émotions sportives. Ce conflit d’horaire met en lumière un dilemme : comment concilier l’engagement civique et la nécessité de célébrer la culture footballistique ?
Ce phénomène n’est pas isolé, mais illustre un comportement profondément ancré dans la société camerounaise et voulu par les autorités.
La réceptivité à la politique est souvent diluée par des stimuli sportifs, conduisant à une passivité face aux enjeux décisifs de la gouvernance. Les citoyens doivent être encouragés à participer au débat public, à exiger des comptes de leurs dirigeants, tout en continuant d’apprécier le football. L’hybridation médiatique de cette soirée de décembre devient alors une opportunité de réfléchir sur la nécessité de l’engagement civique dans un contexte où le savoir-vivre ensemble est primordiale.
Les réseaux sociaux : Véhicules de communication ou de distraction ?…
À l’ère numérique, les réseaux sociaux jouent un rôle-clé dans cette dynamique. Ces plateformes permettent aux citoyens de suivre les deux événements simultanément, mais elles peuvent également devenir un terrain de divertissement plutôt que d’échanges constructifs. Les discussions qui en émanent se concentrent souvent sur des commentaires sportifs, reléguant les préoccupations politiques au second plan.
Cette tendance soulève une question importante : jusqu’où peut-on sacrifier l’engagement civique sur l’autel du divertissement ? Les citoyens doivent apprendre à utiliser les réseaux sociaux non seulement comme un outil de suivi d’événements sportifs, mais aussi comme une plateforme pour mobiliser, débattre et réclamer le changement.
Défis politiques et économiques…
Le 31 décembre 2025 sera un moment charnière pour le Cameroun. Alors que le pays affronte des défis politiques et économiques importants, la coïncidence entre le discours présidentiel et le match des Lions indomptables représente un miroir de la société camerounaise. Il est impératif que les citoyens trouvent un équilibre entre leur passion pour le football et leur devoir civique. Le véritable esprit camerounais réside dans la capacité à se mobiliser pour le changement tout en célébrant la culture qui nous unit. Une nation forte est une nation qui sait apprécier le sport tout en restant vigilante sur les questions de gouvernance.
