Le ministère des Finances vient encore de révéler une fraude choquante : plus de 20.000 fonctionnaires fictifs ont été identifiés dans les fichiers de salaires, une situation qui illustre l’ampleur de la corruption qui ronge les institutions du pays.

Un nouveau visage de la corruption endémique d’un pays

Par Thomas Tankou____________

Ce phénomène, profondément enraciné dans l’administration, continue de nuire à l’économie camerounaise, alors que les responsables de la Fonction publique annoncent que 12.000 de ces imposteurs verront leur salaire suspendu dès janvier 2026.

Parmi les faux agents, on trouve environ 5.000 enseignants, y compris des chefs d’établissement, et près de 2.500 professionnels de la santé, tels que médecins et infirmiers. Leur existence fictive coûte à l’État plus de 46 milliards de francs CFA par an, un montant qui aurait pu être investi dans des services publics essentiels et des infrastructures.

Malgré les efforts de réformes, notamment le lancement de l’application « Aigles » et des opérations de comptage physique des agents publics, la fraude perdure. Ces réformes, bien qu’essentielles pour améliorer la transparence, n’ont pas suffi à éradiquer ce mal qui entrave la bonne gouvernance. Les syndicats et les observateurs s’inquiètent des complicités internes. Des hauts responsables du ministère des Finances sont soupçonnés d’être impliqués dans l’introduction de fausses immatriculations, aggravant davantage la situation.

En novembre 2024, une première vague de radiations avait déjà permis de supprimer 1.172 agents fictifs, mais ces mesures semblent insuffisantes face à l’ampleur de la corruption endémique.

Au total, 4.027 fonctionnaires ont été rayés des listes, ce qui témoigne d’un travail de détection encore en cours. Le gouvernement espère récupérer 15,5 milliards de francs CFA, mais ce combat contre la fraude est loin d’être gagné.

Sur le plan mondial, le Cameroun se classe parmi les pays les plus touchés par la corruption, selon l’Indice de perception de la corruption de Transparency International : une position préoccupante qui ternit l’image du pays et limite son développement. Les conséquences de cette corruption s’étendent bien au-delà des chiffres, affectant la confiance des citoyens envers les institutions et minant les efforts de développement social et économique.

Le défi auquel est confronté le Cameroun est de taille. L’éradication de la corruption exige non seulement des mesures administratives fortes, mais également un changement de mentalité au sein de la société. Tant que le phénomène de la corruption demeurera omniprésent, les espoirs de progrès et de prospérité pour le pays resteront compromis. Il est plus que jamais temps d’agir avec fermeté et détermination pour restaurer la confiance du peuple camerounais dans ses institutions.