L’échiquier politique camerounais est en constante effervescence. Notamment à l’approche des élections législatives et municipales de 2026, dont la convocation du corps électoral y relative est attendue. Pendant ce temps, le programme de certains partis de « proposition » et des thuriféraires de tous bords se résume à cogiter sur la participation ou non du Mrc et de son leader à ces élections locales.
Maurice Kamto : une victime dépeinte en bourreau dans le paysage politique, par quelques faucons
Par Thomas Tankou__________
Lors de la présidentielle d’octobre 2025, Paul Biya a désigné dix candidats pour cautionner la légitimité de son pouvoir. Mais un nom fait particulièrement débat : Maurice Kamto.
Écarté de la course, Kamto, leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), continue d’incarner une résistance incontournable au sein de l’opposition.
L’Injustice subie par Kamto…
L’invalidation de la candidature de Kamto n’est pas seulement une affaire politique, mais un affront à la démocratie. En choisissant de ne pas boycotter cet élection par solidarité contre cette injustice, les autres candidats, choisis par Biya et son régime, ont de ce fait renforcé une culture de compromission, foulant ainsi aux pieds les principes démocratiques. Ce silence assourdissant en dit long sur l’état de l’opposition au Cameroun et soulève des questions sur la solidarité véritable entre les acteurs politiques.
Appels contradictoires et division au sein de l’opposition…
La situation s’est compliqué davantage avec l’appel au soutien paradoxal du Mrc à Issa Tchiroma, malgré le manque de solidarité affiché par ce dernier après l’éviction brutale de Kamto par Elecam et la Cour constitutionnelle.
En appelant ses partisans à voter pour Tchiroma, le Mrc semble avoir agit en contradiction avec ses principes, faisant preuve d’une ambivalence qui a failli désorienter sa base.
Aujourd’hui la décision des faucons, appelant à un boycott des élections législatives et municipales en soutien à Tchiroma, met encore davantage en lumière la marée de contradictions au sein de l’opposition.
D’un autre côté, des figures éminentes du parti de Tchiroma commencent à se dissocier de cette logique de boycott, suggérant une fracture au sein même des rangs qui doivent se regrouper pour faire face au Rdpc et à Paul Biya. Cette dichotomie ajoute un niveau de complexité et souligne l’absence d’une vision unifiée pour l’avenir politique du pays.
Victime ou bourreau : Une réflexion sur le cas Kamto…
Le décalage entre les attentes et les actions des acteurs politiques amène à se demander si Kamto, en tant que la principale victime de l’injustice, n’est pas en réalité montré du doigt comme le bourreau par une certaine opposition. Cette inversion des rôles est un phénomène courant dans le paysage politique camerounais, où la victime se retrouve accusée de créer des dissensions dans un océan de compromissions.
Ce constat récurrent soulève des interrogations sur la manière dont l’opinion publique perçoit le combat du Pr Kamto. En effet, dans une société où les narrations sont souvent façonnées par ceux qui détiennent le pouvoir, devenir la victime peut se retourner contre soi, faisant de celui qui appelle à la justice l’ennemi à abattre.
Manœuvres stratégiques des acteurs politiques…
Maurice Kamto demeure une figure controversée et emblématique de la lutte pour la démocratie au Cameroun. Alors que les élections législatives et municipales de 2026 approchent, les divisions au sein de l’opposition et les manœuvres stratégiques des acteurs politiques deviennent de plus en plus apparentes.
Ce contexte oblige chaque acteur à revoir ses positionnements et à interroger la nature même de la solidarité dans une lutte qui réclame avant tout cohésion et engagement envers les principes démocratiques.
Face à cette dynamique, la question qui se pose est la suivante : les politiques au Cameroun sauront-t-ils transcender ces rivalités perceptibles pour construire une opposition véritable et efficace ? Seul l’avenir pourra nous le dire.
