Selon les chiffres officiels, entre 2023 et 2026, l’État du Cameroun a réduit ses effectifs de 70 603 agents. Dans le même temps, le nombre de personnes percevant un salaire ou une pension est passé de 537 069 à 466 444, soit une baisse de 13,1%. Pourtant, la masse salariale globale continue d’augmenter.
Dégraissage et hausse des dépenses : comment comprendre l’énigme budgétaire
Par Thomas Tankou____________
Le paradoxe est au cœur du débat : moins de personnels, mais une facture plus lourde.
La clé : revalorisation et renchérissement du “coût individuel”
La première explication la plus crédible réside dans la transformation du régime de rémunération. Pour attirer, retenir ou réorganiser les services, l’État aurait accru primes, indemnités et autres composantes du traitement. Ainsi, chaque agent restant pèse davantage sur le budget : l’économie réalisée sur les effectifs est immédiatement compensée par la hausse du coût par personne.
Pensions, effets de carrière et substitutions de postes…
La masse salariale peut aussi être alimentée par des effets mécaniques : régularisations, avancements, rattrapages et montée en charge de certaines pensions ou catégories d’ayants droit. Enfin, certains départs peuvent correspondre moins à une réduction réelle des besoins qu’à un changement de modalités (reclassements, externalisations, redéploiements).
Implications : équilibre budgétaire et confiance sociale…
Si la tendance se confirme, la soutenabilité dépendra de la capacité à contenir la croissance des rémunérations tout en maintenant la qualité du service public.
Sans transparence sur les motifs des sorties, le risque politique et social demeure élevé : la réforme sera jugée à ses résultats, pas à ses intentions.
