La récente correspondance de Monseigneur, au gouverneur Awa Fonka Augustine, illustre une prise de position claire et sans équivoque du clergé catholique camerounais face à la crise post-électorale qui secoue le pays depuis le scrutin du 12 octobre 2025.

Le sermon de Mgr Abraham Kome au gouverneur de l’Ouest

Par Thomas Tankou_____________

Les implications de la lettre de l’homme de Dieu, mettant en lumière le rôle du clergé dans la dénonciation des dérives de la gouvernance et la défense des droits des citoyens sont mis en relief.

Un silence qui en dit long…

Le silence initial de Mgr Komé, qui a été interprété par le gouverneur comme un acquiescement de la situation, est en réalité une posture réfléchie. Dans sa lettre, l’évêque souligne que son silence n’est pas une approbation, mais plutôt une forme de résistance face à une réalité troublante. Ce choix de ne pas s’exprimer immédiatement, surtout lorsqu’il est confronté à des propos condescendants, révèle une stratégie qui invite à la réflexion et à la prière.

Dénonciation de la mal gouvernance…

Au cœur de la correspondance se trouve une dénonciation franche de la mal gouvernance qui caractérise le pays. Mgr Komé fait écho aux préoccupations exprimées par l’Archevêque de Douala sur les injustices sociales, le chômage, l’émigration des jeunes, et la corruption. Cette liste d’alerte, qui résonne avec la réalité quotidienne des Camerounais, montre que le clergé ne peut rester silencieux face à des conditions qui plongent une majorité dans la misère.

La référence à la « manœuvre politicienne désobligeante » du gouverneur souligne une prise de conscience de la part de l’Église sur les tactiques de manipulation politique qui cherchent à détourner l’attention des véritables problèmes.

La voix du clergé dans le débat politique…

Historiquement, le clergé catholique au Cameroun a joué un rôle actif dans la défense des droits humains et la promotion de la justice sociale. La lettre de Mgr Komé s’inscrit dans cette tradition, affirmant que le clergé a la responsabilité morale de s’exprimer contre les abus de pouvoir. En dénonçant les inégalités et les injustices, l’Église se positionne comme un acteur-clé dans la lutte pour un processus électoral transparent et équitable.

Un appel à la compassion et à l’action…

L’évêque conclut sa lettre en appelant à la compassion, soulignant que son silence est un « combattre autrement » pour un mieux-être collectif. Ce message transcende la simple critique ; il appelle à une mobilisation des consciences pour un changement véritable. Le clergé catholique, à travers cette démarche, se présente comme un médiateur entre le peuple et les autorités, cherchant à établir un dialogue constructif.

Plus qu’une simple réponse à l’autorité administrative…

La correspondance de Mgr Abraham Komé est plus qu’une simple réponse à un gouverneur; elle est un manifeste pour la justice et l’intégrité au Cameroun. Elle démontre que le clergé catholique, loin de se cantonner à un rôle passif, s’affirme comme une voix puissante contre les abus et un défenseur des droits fondamentaux.

Dans un contexte où la confiance envers les institutions est ébranlée, cette prise de position est essentielle pour encourager une véritable réflexion sur l’avenir démocratique du pays.