Elections Cameroon (Elecam), traverse une période de turbulences marquées par des tensions internes croissantes. À peine un mois après des accusations de fraude électorale, le personnel de cette institution menace de recourir à une grève pour exprimer son mécontentement face à des conditions de travail jugées insoutenables.

Le personnel de Elecam menace d’entamer des revendications par une grève

Par Thomas Tankou____________

La récente communication du directeur général des élections, Erik Essousse, visant à réprimander les voix dissidentes, met en lumière une crise plus profonde, enracinée dans des inégalités salariales et une gestion jugée injuste.

Une frustration grandissante…

Les employés d’Elecam font état de quinze années de « souffrance et d’injustices », citant notamment les augmentations de salaire accordées au président du conseil électoral, qui semblent déconnectées des réalités économiques et des conditions de vie des employés. Alors que le coût de la vie ne cesse d’augmenter, les salaires des agents restent stagnants, exacerbant le ressentiment au sein du personnel. Cette situation révèle non seulement une disparité salariale inquiétante, mais aussi un manque de considération pour les préoccupations des employés.

Le poids des inégalités salariales…

Les récriminations des employés ne se limitent pas aux augmentations de salaire. Les bulletins de solde vides, l’absence de primes et le non-reclassement des agents selon leur diplôme sont autant de signes d’une gestion déficiente. Les employés estiment que leurs contributions ne sont pas reconnues, et que les décisions managériales favorisent une élite au détriment de la majorité. Cette situation de mécontentement est d’autant plus alarmante dans un contexte où les missions d’Elecam sont cruciales pour la démocratie camerounaise.

Un dirigisme stalinien face à un problème systèmique…

La réaction du directeur général, qui appelle à identifier et sanctionner les « meneurs » des revendications, illustre une approche autoritaire face à un problème systémique. Au lieu d’encourager un dialogue constructif, cette stratégie risque d’aggraver les tensions et de pousser les employés vers des actions plus radicales. La nécessité d’un syndicat pour défendre les droits des employés, déjà exprimée par le personnel, souligne l’absence de mécanismes de représentation et de discussion au sein de l’institution.

Nécessité d’un dialogue inclusif…

Pour apaiser la situation, il est impératif qu’Elecam engage un dialogue sincère avec ses employés. Cela devrait inclure des discussions sur les augmentations salariales, la reconnaissance des diplômes, et l’établissement de primes qui reflètent les efforts des agents, surtout dans le cadre d’élections cruciales. La création d’un syndicat pourrait également offrir un cadre formel pour les revendications, permettant ainsi aux employés de faire entendre leur voix sans crainte de représailles.

Un terreau fertile pour le mécontentement…

La crise actuelle à Elections Cameroon est symptomatique d’un malaise plus large dans la gestion des ressources humaines au sein des institutions publiques. La disparité salariale entre le président du conseil électoral et le reste du personnel, combinée à un manque de dialogue, crée un terreau fertile pour le mécontentement. Pour restaurer la confiance et garantir un fonctionnement efficace de l’institution, il est crucial d’adresser ces inégalités et d’instaurer un climat de transparence et de dialogue.