Ah, la beauté de la démocratie à la camerounaise ! Dans un élan de panique bureaucratique digne d’un chef d’État d’un pays imaginaire, le Préfet du Département du Wouri, a décidé de révéler ses talents de magicien en sortant trois convocations comme un prestidigitateur sort des lapins de son chapeau. Qui ne serait pas impressionné ?

Etrange confabulation du préfet Mvogo Sylyac Marie

Par Thomas Tankou_____________

Dans la lumière crue des projecteurs, nous avons Cyrille Bojiko, l’iconoclaste Pdg de Balafon Média, Séverin Tchounkeu, le maestro du groupe de presse La Nouvelle Expression et d’Équinoxe TV/Radio, ainsi que Joseph Espoir Biyong, l’incorrigible 5e Adjoint au Maire de Douala V. Trois personnalités qui, apparemment, ont oublié de jouer le jeu de la complaisance.

Une tactique bien rodée…

La coïncidence des convocations est tellement frappante qu’on pourrait croire à un mauvais scénario digne des grands polars, dont Hollywood seul détient le secret.

On pourrait presque les imaginer se réunissant autour d’un café pour planifier leur petite virée au bureau du Préfet. Mais à la réalité, ces convocations font plutôt penser à un jeu de dominos mal orchestré par un régime visiblement frileux. Oui, les résultats de la présidentielle du 12 octobre dernier ont dû faire éclater la bulle des certitudes.

Le climat de contestation, un peu comme un vieux vin aigre, ne fait que s’intensifier. Ces patrons de presse, ces feutres de la liberté d’expression, sont les problèmes que le pouvoir persiste à ignorer, ou plutôt à réprimer. Qu’ils osent dénoncer la fraude électorale ! Quelle audace ! Ces héroïques figures, en plus d’être des critiques avisés de la gouvernance, passent à présent pour des accusés en sursis.

Une étrange stratégie de distraction…

Le régime, dans sa sagesse infinie, semble adopter la méthode à la fois de l’intimidation et de la dissuasion comme stratégie de communication.

Après tout, qui a besoin d’un débat démocratique quand on peut faire appel à un Préfet pour envoyer des convocations par milliers ? C’est la répression réinventée, version administrative ! Voilà un moyen efficace de faire savoir à la population que toute critique sera punie… administrativement, bien sûr, pour ne pas assombrir la belle façade démocratique.

Et n’oublions pas Joseph Espoir Biyong, ce valeureux élu local, déjà sous le coup d’une convocation la semaine passée. Il mérite une mention spéciale pour ses couleuvres médiatiques sur la fraude électorale. Ajouter son nom à cette liste, c’est comme la cerise sur le gâteau d’un dessert indigeste.

La mouvance de ce régime, plus crispée qu’un spaghetti al dente, ne pourrait pas être plus claire : faire taire les voix discordantes, quitte à les transformer en fantômes administratifs.

L’indignation des citoyens…

Il n’y a rien de tel qu’un petit événement pour rappeler à la communauté internationale que les droits humains sont un concept flou en ces contrées. Entre le faux-semblant de la liberté d’expression et la réelle censure, la ligne devient aussi floue qu’un brouillard londonien. Qui aurait cru que le département du Wouri deviendrait le théâtre d’un tel spectacle ?

À l’heure où les convocations se multiplient comme les promesses électorales rarement tenues, le message est clair : il est temps de préserver l’indépendance de la presse et le rôle des élus locaux dans un environnement sclérosé par la peur. Mais après tout, n’est-ce pas là la définition même d’un régime en déroute ?

Création des œuvres d’art en matière de désinformation…

Alors, mes chers compatriotes, applaudissons notre gouvernement qui, dans sa quête incessante de contrôle, parvient à créer des œuvres d’art en matière de désinformation. Quand les convocations deviennent le langage de la politique, nous pouvons affirmer sans détour que la démocratie au Cameroun est, pour le moins, à l’illuminée. Un humble rappel que l’avenir de notre pays dépend non seulement de la répression mais aussi de notre détermination à revendiquer notre droit à la voix.

Et qui sait ? Peut-être qu’un jour, les convocations administratives ne seront plus que de lointains souvenirs d’une époque troublée, à l’ombre d’un flamboiement de liberté d’expression. En attendant, un petit clin d’œil au Préfet, en espérant qu’il n’a pas oublié de glisser une mandarine dans son chapeau !