L’année 2026 s’annonce comme un véritable tournant pour le Cameroun, non seulement sur le plan économique, mais aussi sur le plan social et politique. La fin du soutien du Fonds Monétaire International (Fmi), la pression fiscale croissante et un endettement explosif décrivent un tableau inquiétant pour un pays déjà en proie à une crise post-électorale persistante.

Entre défis budgétaires et gestion de la crise post-électorale avec son corolaire de villes mortes

Par Thomas Tankou____________

Fin du soutien du Fmi : Un choc inévitable…

Le Ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a déclaré que 2026 sera une année « extrêmement difficile ». Avec l’arrêt du programme d’appui du Fmi, le Cameroun se retrouve dans l’obligation de commencer à rembourser les 573 milliards FCFA reçus, sans possibilité de nouveaux décaissements. Cette situation nécessite une mobilisation accrue des ressources internes, avec un impact direct sur les contribuables et les entreprises. Le risque est réel : une pression fiscale insoutenable pourrait aggraver le climat économique, déjà tendu.

Une dette étouffante…

L’endettement du Cameroun atteint des sommets avec une dette extérieure de 8 568,2 milliards FCFA et une dette intérieure de 4 246 milliards FCFA. Ce dernier aspect est particulièrement préoccupant, car il étouffe les petites et moyennes entreprises (Pme) et entraîne des retards de paiement aux fournisseurs. Cette ardoise devient un véritable « poison » pour l’économie locale, entravant les investissements nécessaires pour la croissance.

Impact économique sur les Pme…

Les Pme, qui constituent l’épine dorsale de l’économie camerounaise, sont particulièrement vulnérables dans ce contexte de tensions budgétaires accrues. Beaucoup se retrouvent dans l’incapacité de fonctionner correctement, ce qui risque de provoquer une vague de faillites. La contraction de l’activité économique menace directement l’emploi et le niveau de vie des Camerounais.

Contentieux juridiques : Une bombe à retardement…

Les défis économiques sont exacerbés par des litiges légaux liés à des projets d’infrastructure. Par exemple, le conflit avec Sogea Satom et Soletanche Bachy concernant le pont sur le Wouri représente un risque de 15 milliards FCFA, tandis que le projet de la route Garoua-Boulaï pourrait coûter jusqu’à 52 milliards FCFA, réclamés par Andrade Gutierrez Zagope. Ces contentieux constituent des failles qui pourraient faire exploser le budget.

La crise post-électorale et les villes mortes…

En arrière-plan de cette dynamique inquiétante, se profile une crise post-électorale qui exacerbe les tensions budgétaires : les « villes mortes » et les grèves dans le Septentrion perturbent fortement l’économie. Ces mouvements de protestation n’entraînent pas seulement une paralysie des activités commerciales, mais également une chute des recettes douanières le long du corridor Douala-Bangui-Ndjamena. Chaque jour de grève équivaut à des milliards de pertes pour l’État, aggravant ainsi une situation économique déjà précaire.

Un test de crédibilité majeur pour le Cameroun…

L’année 2026 pourrait bien devenir un test de crédibilité pour le Cameroun. Sans réformes structurelles profondes, le pays risquerait de faire face à un mur d’endettement insurmontable, compromettant ainsi ses ambitions de développement. La confluence des défis sociaux, économiques et politiques nécessite une attention urgente afin d’éviter une détérioration irréversible de la situation.

La nécessité d’un dialogue à la fois inclusif et constructif et de réformes institutionnelles est plus pressante que jamais, car le temps presse et le soutien économique se tarit. Le gouvernement doit agir maintenant pour affronter cette tempête qui pointe à l’horizon.