Depuis hier soir, des forces de police et de gendarmerie perturbent la préparation de la convention nationale extraordinaire du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, prévue pour ce samedi.

Le siège du Mrc et le domicile du Pr Maurice Kamto quadrillés par des bidasses

Par Thomas Tankou__________

Le quadrillage du domicile de Maurice Kamto et du siège du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun soulève d’importantes questions concernant la démocratie et le respect des droits humains au Cameroun. Révélateur d’une tendance inquiétante, cet événement met en lumière l’ostracisation continue du Mrc, un parti qui, malgré son rôle majeur dans l’arène politique nationale, est systématiquement réprimé par le régime de Paul Biya.

Une intervention illégale…

Le 28 novembre 2025, Thierry Okala Ebode, ancien membre du parti sous le coup d’une procédure disciplinaire, a saisi le Sous-préfet de Yaoundé pour qu’il interdise ces assises, pourtant statutaire et devant se tenir au siège du parti.
Des forces de l’ordre, sans titre ni mandat, ont ainsi paralysé l’accès à la résidence du Président national résidence et à celle du siège du Mrc, empêchant ainsi toute forme de rassemblement et d’activité politique.

Cet acte, qui semble s’inscrire dans une stratégie de répression, rappelle les précédents événements de 2020, où des mesures semblables avaient été appliquées pendant 72 jours. Ce scénario récurrent souligne une volonté manifeste de restreindre l’exercice des droits politiques et civiques des membres de l’opposition.

Les droits et libertés en danger…

La répression dont est victime le principal parti de l’opposition au Cameroun n’est pas juste une affaire interne au parti, mais un véritable affront à la démocratie. La déclaration de Mouthe Ambassa, membre du comité central du Rdpc, est révélatrice : il soutient que l’administration ne devrait pas intervenir dans les affaires internes des partis politiques. Cela indique un sentiment croissant même parmi certains membres du Rdpc, quant à l’illégitimité des actions entreprises par le gouvernement pour étouffer la voix de l’opposition.

Les droits et libertés des citoyens sont garantis par la Constitution du Cameroun, mais ces droits sont constamment menacés par des actions qui relèvent du déni de justice et de l’arbitraire. Le bouclage de l’accès au siège du Mrc, notamment en prélude à une convention cruciale, s’apparente à une manœuvre de violence politique, cherchant à empêcher la libre expression et la redynamisation de la participation citoyenne.

Une crise post-électorale persistante…

La crise post-électorale qui a suivi les élections du 12 octobre 2025 reste non résolue, et les actions répressives du gouvernement ne font qu’aggraver la situation. Les mesures d’intimidation, les arrestations arbitraires, et la violation des droits de réunion et d’association ne favorisent pas un climat de paix et de réconciliation. Au contraire, elles exacerbent les tensions et créent un terreau fertile pour de futures crises sociales.

Une dérive autoritaire sans cesse croissante…

L’ostracisation du Mrc et la violation des droits des citoyens sont des indicateurs alarmants d’une dérive autoritaire croissante au Cameroun. Il est impératif que la communauté internationale et les acteurs de la société civile prennent conscience de ces atteintes à la démocratie. L’avenir du Cameroun dépend de la capacité à instaurer un dialogue politique inclusif, respectueux des libertés fondamentales et des droits des partis d’opposition.

Le respect des droits humains et la promotion d’une démocratie réelle sont essentiels pour construire un avenir stable et pacifique pour le pays.