La justice au Cameroun semble être soumise aux caprices du pouvoir en place. Le traitement de quelques cas en cours montrent une application sélective des lois. Une problématique alarmante.
La justice doit-elle être utilisée à des fins politiques?

Ekane Anicet précipité à la morgue, Djeukam Tchameni à Nkodengui, Oyono Aba’a libéré : Une procédure alambiquée.

Par Thomas Tankou__________

Anicet Ekane est décédé le 1er décembre dernier après 38 heures d’une inexplicable garde à vue au Secrétariat d’État à la défense., Djeukam Tchameni a été placé en détention hier au pénitencier de Nkodengui où il retrouve Parfait Mbvoum interpellé lui aussi dans le cadre des contestations post-électorales. Tandis que le Pr Oyono Aba’a arrêté dans le cadre de la même affaire a été libéré. Tous trois avaient été arrêtés le même jour, pour des motifs apparemment identiques. Cette disparité dans les traitements réservés à ces individus soulève des questions fondamentales sur le fonctionnement du système judiciaire au Cameroun.

Ekane à la morgue…

L’arrestation et la mort d’Anicét Ekane posent les questions sur le traitement des prisonniers d’opinion au Cameroun.

Comment une telle tragédie a-t-elle pu survenir dans un contexte où l’Etat de droit devrait prévaloir?

Djeukam Tchameni en prison…

À Nkodengui, Djeukam Tchameni partage un sort commun à de nombreuses voix dissidentes qui sont fréquemment étouffées par le régime. Sa détention soulève des préoccupations concernant l’usage lâche de la répression à des fins politiques, souvent exacerbée par des tensions ethniques.

Oyono Aba’a libre…

La libération d’Oyono Aba’a semble relever d’une logique de privilégier certaines figures en fonction de leur proximité avec le pouvoir ou de leur rôle dans les manœuvres politiques. Mais il s’agit davantage d’une stratégie savamment enchevêtrée utilisée par le régime de Yaoundé pour opposer les Camerounais entre eux. Pourtant, la malgouvernance longtemps décriée dans le pays, touche toutes les ethnies.

L’arrestation étalonnée de ces trois hommes, tous revendiquant la victoire d’Issa Tchiroma, montre une intention évidente de semer la discorde parmi les Camerounais. En octroyant la liberté à Oyono Aba’a tout en maintenant Tchameni en prison et en précipitant la mort d’Ekane, le régime de Paul Biya semble rechercher à affaiblir l’opposition par la division.

Cette stratégie tribaliste ne fait qu’élargir le fossé entre les différentes communautés au Cameroun, exacerbant les tensions et alimentant un climat de peur. La justice, au lieu d’être un bastion de protection des citoyens, devient ainsi un instrument de répression : elle est à géométrie variable, favorisant certains au détriment d’autres.

Une justice à géométrie variable…

La situation actuelle illustre une justice aux ordres du pouvoir, où la vie d’un citoyen peut être sacrifiée pour des raisons politiques. Les cas d’Ekane, Tchameni et Aba’a symbolisent non seulement une injustice profonde, mais également la nécessité d’un changement radical dans le système. Il est urgent que la communauté internationale prenne conscience de cette problématique et agisse pour que le principe d’égalité devant la loi soit enfin respecté au Cameroun.