Le décès en détention carcérale du président du Manidem, survenue le 1er décembre dernier continue de soulever une vague indignations sans cesse croissante. Tant au sein de la population qu’au niveau des instances internationales. Toutefois, il convient de s’interroger sur l’efficacité des communiqués face à une situation alarmante où les violations des droits de l’homme deviennent la norme au Cameroun.

L’organisation des Nations Unies accentue la pression sur le régime de Yaoundé

Par Thomas Tankou____________

Le communiqué publié le 5 décembre par l’Onu pose un acte fort contre le régime camerounais, renforçant la pression déjà exercée par l’Union européenne. Cette réprobation est un signal pour le gouvernement de Yaoundé, qui peine à justifier des actions de répression face à la montée des critiques internationales. Cependant, malgré cette déclaration, on ne peut s’empêcher de constater que les actions de l’Onu, bien que symboliquement puissantes, restent largement théoriques.

Il est déplorable que ces exhortations à une enquête impartiale et crédible ne soient pas accompagnées de mesures concrètes. L’Onu semble à chaque fois se contenter de simples déclarations alors que la réalité sur le terrain est marquée par des arrestations arbitraires, la violence policière et une répression systématique des voix dissidentes. Ce décalage entre les mots et les actions alimente un sentiment d’impuissance et de frustration parmi les citoyens camerounais et les organisations de défense des droits de l’homme.

L’incohérence des réponses internationales…

La réaction des Nations Unies n’est pas un acte isolé mais s’inscrit dans une série de condamnations de la part de partenaires bilatéraux et multilatéraux qui, jusqu’à présent, semblent se heurter à une muraille d’indifférence de la part du gouvernement camerounais. La perception par le ministre de la Communication des autorités camerounaises de ces critiques comme une ingérence démontre une volonté de minimiser la pression internationale. Pourtant, les droits de l’homme ne devraient pas être un sujet de négociation, surtout qu’il s’agit des violations répétées.

Appel à des actions concrètes…

Il est impératif que la communauté internationale, dont l’Onu, passe de la parole à l’action. Cela implique non seulement de dénoncer la situation actuelle mais aussi d’adopter des mesures plus fermes pour contraindre le gouvernement camerounais à respecter ses engagements internationaux. La demande de libération immédiate et sans condition de tous les prisonniers politiques pourrait être un premier pas, mais elle doit être accompagnée de conditions claires et d’un suivi rigoureux.

Les déclarations de l’Onu doivent être soutenues par des mécanismes de sanctions en cas de non-conformité du Cameroun. La protection des droits humains ne peut être laissée à la seule bonne volonté des États.

Le temps est venu d’agir…

La mort d’Anicet Georges Ekane est tragique et révélatrice d’un système qui, malheureusement, semble ignorer les droits fondamentaux de ses citoyens. Alors que l’indignation croissante se fait entendre tant sur le plan national qu’international, il est essentiel que la réponse des instances comme l’Onu ne se limite pas à des déclarations. Le temps est venu d’agir, car chaque jour sans changement voit de nouvelles violations se perpetrer. Les droits de l’homme doivent être défendus activement, non seulement déclarés.