La crise post-électorale qui continue de secouer le Cameroun n’est pas seulement un conflit politique ; elle met en lumière un affrontement institutionnel d’une intensité inédite entre le gouvernement et les avocats, symbolisé par le duel verbal entre le Bâtonnier Mba Éric Mba et le ministre Paul Atanga Nji. Évocation.
Les chiffres de la discorde : le Minat persiste, le bâtonnier soutient le contraire
Par Thomas Tankou__________
Au cœur de cette confrontation se trouvent des allégations de violences et de violations des droits humains, ainsi que des questions fondamentales sur la transparence et la vérité.
Paul Atanga Nji persiste…
Le ministre de l’Administration territoriale, a avancé des chiffres concernant les victimes de la crise qui ont été qualifiés de mensongers par le Bâtonnier. Ces chiffres, souvent jugés optimistes, semblent servir à fortifier la position du régime en minimisant la réalité des souffrances humaines. Dans un contexte où la communication officielle est généralement vue à travers le prisme de la propagande, lesdits chiffres soulèvent des interrogations sur la volonté du gouvernement de protéger ses citoyens ou de préserver son image.
Les allégations discutables de Atanga Nji semblent être une tentative de rétablir un narratif favorable au régime de Yaoundé. En minimisant le nombre de sinistrés et de décès, le ministre cherche à faire croire que la situation n’est pas aussi alarmant que ça. Toute chose qui contredit les faits vécus et documentés par de nombreuses personnes sur le terrain. Cette dissociation entre la réalité et les rapports gouvernementaux renforce la méfiance envers les institutions.
La réaction du bâtonnier Mba Éric Mba…
En réponse, le Bâtonnier de l’ordre des avocats du Cameroun a non seulement contesté ces chiffres, mais a également dénoncé ce qu’il a qualifié de cruauté du régime envers les leaders de l’opposition. En qualifiant les déclarations du ministre de mensongères, il installe un droit à l’information fondé sur la vérité et la transparence, en promettant la publication d’un rapport exhaustif. Ce document, basé sur des preuves tangibles et des témoignages vérifiés, vise à établir un contre-narratif qui remet en question la version officielle du gouvernement.
Cette initiative souligne l’engagement du Barreau à défendre les droits des citoyens, mais elle met aussi en exergue la responsabilité des avocats en tant que protecteurs des libertés publiques. La promesse d’un rapport indépendant par l’Ordre des avocats témoigne d’une volonté de faire face à l’administration et de rétablir la confiance du public envers les institutions judiciaires.
Un enjeu de droits humains et de démocratie…
La guerre dee chiffres entre Mba Éric Mba et Paul Atanga Nji se transforme rapidement en un enjeu plus large : la défense des droits humains et la consolidation de la démocratie au Cameroun. En dénonçant l’usage disproportionné de la force par les services de sécurité, le Bâtonnier rappelle que la répression des voix dissidentes ne doit pas se faire au détriment de la justice et des droits civiques.
Le refus de l’Ordre des avocats de plier devant les pressions du gouvernement illustre un élan de résistance qui pourrait influencer les dynamiques politiques dans les jours à venir. La publication prochaine du rapport des avocats pourrait non seulement contribuer à la manifestation de la vérité, mais également inciter d’autres acteurs de la société civile à prendre position.
Un reflet des luttes pour la démocratie…
À mesure que la crise post-électorale s’intensifie, la confrontation entre le pouvoir exécutif et les représentants du Barreau devient un reflet des luttes pour la démocratie au Cameroun. L’échange entre Mba Éric Mba et Paul Atanga Nji dépasse le cadre d’une simple querelle administrative et s’étend aux questions vitales touchant la dignité humaine et le respect des droits fondamentaux.
Le courage du Bâtonnier dans ce débat doit être salué, car il pose un cadre pour des discussions nécessaires sur l’état de la justice sociale dans le pays. Alors que la société civile attend avec impatience les révélations du rapport annoncé, il est crucial que la tension actuelle mène vers une réévaluation du rôle des institutions dans la protection des libertés individuelles et du maintien de la paix sociale.
