La situation politique actuelle au Cameroun est marquée par un dilemme crucial pour Paul Biya : la nécessité de former un nouveau gouvernement répondant aux exigences de ses partenaires internationaux, tout en préservant ses intérêts politiques internes. Des sources diplomatiques révèlent d’énormes pressions sur la composition attendue de la nouvelle équipe.

Les pressions des partenaires qui exigent l’entrée de l’opposition dite radicale dans l’équipe gouvernementale

Par Thomas Tankou__________

Mettant en lumière des exigences extérieure, notamment sur la nécessité de réduire l’effectif pléthorique de l’équipe gouvernementale actuelle.

Les exigences des partenaires techniques et financiers du Cameroun…

Les partenaires du Cameroun, notamment l’Ue, les États-Unis et la France, ont appris à connaître les inerties proverbiales du régime Biya. Ils exigent une transformation significative des structures gouvernementales, s’orientant vers la formation d’un gouvernement de transition. Un des points centraux de cette exigence est que le premier ministre doit être impliqué dans le choix de ses collaborateurs, ce qui implique une ouverture du jeu politique.

L’intégration de membres de l’opposition “radicale” dans un gouvernement d’union nationale n’est pas simplement une suggestion, mais une condition sine qua non pour la légitimité de l’action gouvernementale future. Question de trouver à défaut d’une solution durable, tout au moins un palliatif à la crise électorale.

La récente déclaration d’une source diplomatique souligne que les partenaires ne se contentent pas d’une simple représentation symbolique de l’opposition. Ils demandent un gouvernement qui inclut des figures politiques ayant une influence réelle et une légitimité stratégique. Ce faisant, Paul Biya est confronté à un défi : comment composer avec une opposition qu’il a traditionnellement marginalisée tout en respectant les exigences internationales ?

La question de l’effectif pléthorique de l’équipe gouvernementale…

Un des points les plus préoccupants pour les bailleurs de fonds est l’effectif jugé pléthorique de l’équipe gouvernementale actuelle. Loin d’être un simple argument économique visant à justifier une réduction des dépenses publiques, cette demande révèle une profonde insatisfaction quant à l’efficacité et à la transparence de l’équipe gouvernementale camerounais.

Des postes juste pour récompenser des laudateurs, une équipe trop large, souvent critiquée pour son inefficacité, doit être rationalisée pour créer un gouvernement plus agile et réactif.

Les recommandations formulées par les bailleurs de fonds s’inscrivent dans un cadre plus large de réforme nécessaire, touchant non seulement la taille du gouvernement, mais également la qualité des services rendus aux citoyens. Il est aussi question de l’ouverture à la société civile et aux technocrates.

En négligeant cet appel à la réduction, Paul Biya risque non seulement d’aggraver la méfiance de ses partenaires, mais également d’augmenter l’incertitude politique dans le pays.

Réformes nécessaires et résistance au changement…

L’issue des discussions en cours au sein des cercles de décision et les tenants d’enjeux, mérite une attention particulière. La mise en œuvre de changements structurels, tels que la libération des prisonniers politiques et la réforme de la loi électorale, est souvent perçue comme une menace pour le pouvoir en place, ce qui rend la résistance aux réformes d’autant plus forte.

Les partenaires internationaux maintiennent leurs exigences, tenant à la fois à des préoccupations immédiates, comme la mise en liberté de prisonniers politiques, et à des réformes à long terme structurantes. Le risque pour Paul Biya est double : ignorer ces recommandations pourrait le couper des soutiens extérieurs nécessaires à sa survie. Même si y répondre pourrait également lui coûter son emprise sur le pouvoir.

Un équilibre précaire à maintenir…

La pression extérieure qui pèse actuellement sur Paul Biya, l’empêchant de former un gouvernement rassembleur et allégé est pourtant un levier potentiellement décisif dans l’évolution de la pratique politique au cameroun.

L’équation complexe que doit résoudre le président requiert une habileté politique sans précédent. Réussira-t-il à apaiser les inquiétudes de ses partenaires tout en conservant un contrôle politique suffisant sur son parti et son gouvernement? L’avenir politique du Cameroun dépend de sa capacité à naviguer habilement dans ces eaux troubles, en trouvant l’équilibre entre réformes essentielles et maintien du pouvoir. Notamment en assurant la tenue imminente d’élections municipales et législatives, libres et transparentes.