Une mission de la Commission nationale anti-corruption (Conac) a séjourné du 13 au 17 juillet à la mairie de Pète-Bandjoun, où plusieurs responsables, dont Madame le maire, ont été auditionnés. En toile de fond, des accusations de gestion opaque du patrimoine communal et de possibles irrégularités dans l’attribution d’infrastructures financées sur fonds publics.

Les enquêteurs passe au crible la gestion communale

Par Thomas Tankou___________

La crise qui secoue la Commune de Pète-Bandjoun semble avoir franchi un nouveau palier. Après plusieurs semaines de tensions internes, marquées par des accusations réciproques entre l’exécutif municipal et certains de ses proches collaborateurs, l’entrée en scène de la Commission nationale anti-corruption (Conac) confère désormais à cette affaire une dimension institutionnelle.

La présence d’une mission d’enquête du 13 au 17 juillet dernier laisse penser que les dénonciations ont été jugées suffisamment sérieuses pour justifier des investigations approfondies.
Il convient toutefois de rappeler qu’à ce stade, aucune conclusion officielle n’a été rendue publique. Les auditions menées par les enquêteurs ne préjugent en rien de la culpabilité des personnes entendues. Elles constituent une étape normale du processus de vérification des faits.

La transparence dans la gestion des deniers publics en question…

Au cœur des soupçons figurent des allégations de mauvaise gouvernance financière et de gestion opaque du patrimoine communal. Les dénonciations portent notamment sur les modalités d’attribution des boutiques et des comptoirs de la boucherie municipale.
Si ces faits venaient à être établis, ils pourraient soulever des interrogations sur le respect des principes de transparence, d’équité et de redevabilité qui doivent encadrer la gestion des biens publics. Dans les collectivités territoriales décentralisées, les infrastructures financées sur fonds publics sont censées être administrées dans le strict intérêt général, conformément à la législation en vigueur concernant la gestion du domaine communal.
Le fait que cette boucherie ait été réalisée, selon les informations disponibles, grâce à des financements du ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales renforce naturellement les exigences de traçabilité dans l’utilisation de cet investissement public.

Le rôle de la Conac dans la prévention et la répression des pratiques corruptives…

L’intervention de la Conac s’inscrit dans le dispositif national de lutte contre la corruption, les détournements de deniers publics, l’enrichissement illicite, les conflits d’intérêts et les autres infractions assimilées à la mauvaise gouvernance.
Les enquêteurs ont pour mission de recueillir des témoignages, d’examiner les documents administratifs, de vérifier les procédures de gestion et d’identifier d’éventuelles irrégularités. Ce travail d’investigation vise à établir les faits de manière objective avant toute éventuelle transmission du dossier aux autorités judiciaires compétentes si des infractions étaient caractérisées.
Dans ce type de dossier, les notions de traçabilité des fonds publics, de contrôle interne, d’audit de gestion et de reddition des comptes deviennent essentielles pour apprécier la régularité des actes posés par les responsables municipaux.

Une affaire suivie avec attention…

Au-delà du cas de Pète-Bandjoun, cette affaire rappelle que les collectivités territoriales sont aujourd’hui soumises à une surveillance accrue en matière de gouvernance financière. Les citoyens attendent davantage de transparence dans la gestion des ressources publiques, tandis que les organes de contrôle multiplient les opérations de vérification afin de prévenir les malversations financières.
Pour l’heure, la prudence reste de mise. Les soupçons évoqués devront être corroborés ou infirmés par les investigations en cours. Le principe de la présomption d’innocence demeure pleinement applicable à l’ensemble des personnes citées tant qu’aucune décision administrative ou judiciaire n’a établi des responsabilités.

Les prochaines conclusions de la Conac seront donc particulièrement attendues. Elles permettront de déterminer si cette crise municipale relève essentiellement d’un conflit interne de gouvernance ou si elle révèle effectivement des manquements susceptibles d’être qualifiés de détournement de deniers publics, de gestion irrégulière du patrimoine communal ou d’autres faits de corruption au sens de la législation camerounaise.