Visé par un mandat d’amener dans l’affaire du double meurtre de Ndiffo Steve Achille et Kamta Bostel, le chef supérieur de Baloum est désormais introuvable. Son absence, alors que les enquêteurs cherchent à établir les responsabilités, soulève de nombreuses interrogations.
La fugue qui fragilise la défense de Sa Majesté Noussi Pokam Charly Constant
Par Thomas Tankou___________
Le commandant de la légion de gendarmerie de l’Ouest vient de signer un mandat de recherche pour retrouver l’autorité traditionnelle en cavale.
La fuite du chef Baloum renforce l’exigence de vérité autour des événements survenus le 5 juin 2026 dans sa chefferie.
Alors que les investigations se poursuivent sur le double homicide survenu dans sa chefferie, les autorités ont lancé un avis de recherche contre le chef supérieur Noussi Pokam Charly Constant.
Plus que les accusations elles-mêmes, c’est désormais son absence face à la justice qui alimente les interrogations de l’opinion publique.
Une situation qui complique la manifestation de la vérité et place cette affaire au cœur du débat sur le respect de l’État de droit et la responsabilité des autorités traditionnelles.
Alors que les faits reprochés se seraient déroulés dans l’enceinte même de sa chefferie, l’attitude la plus attendue aurait consisté à se présenter spontanément devant les autorités afin d’apporter sa version des événements.
Dans une affaire aussi sensible, sa coopération aurait pu contribuer à éclairer l’opinion publique et à faciliter le travail de la justice. Son éloignement alimente au contraire les interrogations et nourrit les spéculations sur son rôle exact dans le drame.
La nécessité de faire toute la lumière
Les circonstances de ce double meurtre continuent de susciter une vive émotion. Quelles que soient les accusations de vol qui auraient visé les deux jeunes hommes, seule la justice est habilitée à établir leur culpabilité éventuelle et à prononcer des sanctions conformément à la loi.
Les enquêtes en cours devront déterminer avec précision les responsabilités individuelles, les éventuels ordres donnés et le niveau d’implication des différentes personnes présentes lors des faits. La présomption d’innocence demeure pour toutes les personnes mises en cause jusqu’à une décision définitive des juridictions compétentes.
Un test pour l’État de droit…
La recherche d’un chef traditionnel de premier plan démontre que la justice entend poursuivre ses investigations sans distinction de statut ou de rang social. Encore faut-il que les personnes concernées répondent aux convocations et se tiennent à la disposition des enquêteurs.
Dans ce contexte, la meilleure contribution que pourrait apporter le chef supérieur Baloum serait de se présenter devant les autorités afin de fournir toutes les explications nécessaires sur ce qui s’est réellement passé dans sa chefferie le 5 juin dernier.
C’est à cette condition que la vérité judiciaire pourra émerger et que les familles des victimes, comme l’ensemble de l’opinion publique, pourront espérer obtenir des réponses aux nombreuses questions qui demeurent sans réponse.
