Dans le chef-lieu du département du Haut-Nkam, une inquiétude grandit depuis plusieurs mois : la disparition progressive de chiens et chats, suivie de rumeurs persistantes autour de leur consommation.

Disparition d’animaux errants, comprendre les motivations qui sous-tendent l’acte

Par Sam Noukat____________

Un contexte socioéconomique tendu : la vie chère en toile de fond…

Si l’on évoque souvent des explications culturelles, des habitants et surtout des jeunes avancent une autre piste centrale : la cherté de la vie. Dans un climat économique difficile, certains ménages cherchent des alternatives pour faire face au quotidien, notamment sur le plan alimentaire.

Une “solution” perçue comme moins coûteuse…

Selon plusieurs témoignages, la viande de chiens en de chats en divagation serait considérée, par certains, comme une aubaine. Dans cette logique, le choix ne relèverait pas toujours d’une préférence affirmée, mais plutôt d’un calcul de survie : trouver de quoi manger avec des moyens limités. Quand le prix des denrées augmente et que le pouvoir d’achat recule, les comportements alimentaires peuvent se réorganiser rapidement, au sein de circuits informels difficiles à contrôler.

Quand les animaux disparaissent : un signal qui alimente les soupçons…

Un point revient de manière récurrente : les animaux ne font pas seulement que “disparaître” par hasard. Plusieurs personnes affirment que des chiens ou chats seraient volés avant d’être consommés. Résultat : laisser un animal en divagation devient risqué. Au-delà du choc moral, cette situation affecte directement la sécurité et le climat de confiance dans les quartiers, avec une crainte quotidienne pour les propriétaires, mais aussi pour les habitants qui voient leurs animaux errants “s’effacer” de la rue.

Le rôle de la banalisation : quand la nécessité prend le dessus…

Dans de telles circonstances, la perception d’un besoin urgent peut conduire à minimiser les barrières morales. La pratique, répétée, finira par être présentée comme un fait “compréhensible”, voire “inévitable”. Ce mécanisme de normalisation peut s’installer d’autant plus facilement que la demande existe, que les intermédiaires circulent discrètement et que la surveillance reste insuffisante. À ce niveau, la responsabilité individuelle se mêle à une dynamique plus large : celle d’un marché informel alimenté par la misère et l’opportunisme.

Santé publique, sécurité et protection animale : des enjeux incontournables…

Même si des facteurs économiques peuvent expliquer pourquoi certains passent à l’acte, les conséquences ne peuvent être ignorées. D’abord, la santé publique : en l’absence de contrôles sanitaires, la consommation de ces viandes présente des risques. Ensuite, la sécurité : le vol d’animaux et la disparition répétée créent une insécurité ressentie dans les rues. Enfin, la protection animale : la capture et la mise à mort d’animaux relèvent d’un traitement inacceptable, avec des impacts sur le bien-être et la cohabitation.

Ce que les autorités doivent faire : sensibiliser et encadrer…

Face à ce phénomène, une réponse efficace devrait être à la fois éducative et opérationnelle. Les autorités sont appelées à renforcer la sensibilisation sur les risques sanitaires et les impacts sur la société, tout en améliorant le cadre de contrôle des activités commerciales illégales. En parallèle, des mesures visant à réduire les vulnérabilités économiques (notamment l’insécurité alimentaire) peuvent limiter l’attractivité de telles “alternatives” perçues comme moins coûteuses.