L’audience de ce jour dans l’affaire Mrc c/ Willy Mengue et deux autres s’est déroulée dans une configuration qui a, d’emblée, suscité des enjeux de forme et de portée. D’après le compte-rendu transmis par la défense du Mrc,
Willy Mengue s’est présenté seul, sans conseil, et a déposé un bordereau de pièces. En revanche, Georgette Laure Kamegne (Laure Noutchang) et Sébastien Mbala Wouria II n’étaient ni présents ni représentés. Compte-rendu…

Les deux autres co-plaignants étaient absents à l’audience de ce 7 juillet

Par Cyprien Afana Tsama avec Thomas Tankou_________

Dans ce contexte, la défense du Mrc — forte de six avocats à l’audience — a sollicité du juge qu’il enregistre formellement cette double absence, afin de fixer les paramètres procéduraux du débat et de prévenir toute contestation ultérieure relative à la représentation des parties et à l’imputabilité des actes de procédure.

L’argument de la “mutualisation” des pièces : une ambiguïté stratégique…

Le cœur du débat a ensuite porté sur la portée du dépôt documentaire effectué par Willy Mengue. Interrogé sur la question de l’utilité des pièces, Willy Mengue a soutenu que ses pièces serviraient également à la défense des deux autres demandeurs.

Cette affirmation, en matière de contentieux, n’est pas anodine : elle sous-entend une volonté de coordination et, surtout, une prétention à l’effet utile des pièces au bénéfice d’autrui. Or, en procédure, un dépôt de pièces n’emporte pas automatiquement autorisation de les opposer ou d’en revendiquer l’efficacité pour d’autres parties, en l’absence d’un cadre clair relevant notamment du mandat, de la représentation et de la portée des actes.

La riposte de la défense du Mrc : exiger un mandat…

Face à cette prétention, la défense du Mrc a formulé une demande précise : Willy Mengue devait produire un mandat permettant d’établir le fondement juridique de l’extension de la portée de ses pièces aux deux autres demandeurs. Autrement dit, la défense cherchait à vérifier si Willy Mengue agissait uniquement pour sa propre cause, ou s’il existait une base probante permettant de considérer qu’il agissait aussi — valablement — dans l’intérêt des co-plaignants absents.

La réponse de Willy Mengue, telle que rapportée, a constitué un point de bascule : il a indiqué ne détenir aucun mandat et a affirmé que les pièces qu’il avait déposées “ne valent que pour sa propre demande.”

Rétractation implicite et clarification tardive : l’enjeu de la cohérence…

C’est précisément ici que se loge l’élément le plus révélateur pour la suite de la procédure : le passage d’une justification initiale fondée sur l’utilité pour autrui à une limitation expresse à sa seule demande.

D’un point de vue juridique, cette séquence peut être interprétée comme une ambiguïté ayant dû être levée sous la contrainte procédurale, ou comme une forme de rétractation — au moins dans l’orientation et la portée revendiquée des actes. Elle produit un effet : si les co-plaignants n’ont ni comparu ni été représentés, et si aucune délégation (mandat) n’a été établie, l’argument de “pièces partagées” perd son socle.

La non-présence des deux autres demandeurs renforce en outre la question de la cohérence procédurale : comment soutenir que des pièces seraient utiles à la défense de tiers tout en n’établissant pas, au besoin, la représentation requise pour leur efficacité commune ?

Renvoi au 16 juillet : le tribunal appelé à trancher sur la suite…

À la lumière de ces éléments, la défense du Mrc a sollicité un renvoi afin de pouvoir présenter des observations écrites et tirer toutes les conséquences procédurales de ce débat. Le juge a fait droit à cette demande : l’affaire est renvoyée au jeudi 16 juillet 2026 à 12h.

Ce report ouvre une phase de clarification : il ne s’agit plus seulement de savoir quelles pièces figurent au bordereau, mais surtout de déterminer dans quelle mesure elles pourront être prises en compte, au bénéfice de qui, et avec quelle valeur procédurale, au regard de l’absence des deux co-plaignants et de la limitation revendiquée par Willy Mengue.

En définitive, l’audience de ce 7 juillet met en évidence une tension structurante : l’affirmation initiale d’une portée commune des pièces, suivie de la dénégation de tout mandat et de la restriction de la portée du dépôt à la seule demande de Willy Mengue. Dans une procédure contentieuse, cette articulation — entre absence, représentation et efficacité des actes — pourrait peser lourdement sur la manière dont le dossier sera apprécié lors de la reprise au 16 juillet.