Après l’arrêté du Premier ministre approuvant le règlement du litige, les autorités administratives locales lancent les opérations de matérialisation de la limite entre deux groupements voisins. Une étape décisive pour prévenir la résurgence des tensions et consolider la paix entre les deux groupements. Une réunion y relative s’est tenue ce 14 octobre. Compte-rendu…
Le préfet de la Mifi passe à l’action pour matérialiser la frontière entre les deux groupements
Par Sam Noukat___________
La recherche d’une paix durable entre les groupements Bameka, dans l’arrondissement de Bamendjou, département des Hauts-Plateaux, et Bamougoum, dans l’arrondissement de Bafoussam 3e, département de la Mifi, entre dans une phase décisive.
Ce mercredi 14 octobre 2026, le préfet de la Mifi, Christophe Fofie Mbouedia, préside une réunion consacrée au lancement des travaux de matérialisation de la frontière entre les deux communautés. Les opérations sur le terrain sont programmées du 15 au 29 octobre 2026.
Au-delà de cette séquence administrative, l’enjeu est majeur : traduire une décision officielle en une réalité territoriale incontestable et, surtout, prévenir la résurgence des tensions qui ont longtemps empoisonné les relations entre les populations concernées.
Une décision gouvernementale à traduire sur le terrain…
Le processus s’appuie sur l’arrêté n° 108/CAB/PM du 16 juillet 2025, signé par le Premier ministre, portant approbation du procès-verbal de la Commission nationale pour le règlement du litige. En son article 2, le texte fixe la limite entre les arrondissements de Bafoussam 3e et de Bamendjou conformément à la carte officielle au 1/50 000, référencée Bafoussam NB32-XVI-1d.
Cette décision constitue le socle juridique et cartographique des opérations annoncées. Elle traduit la volonté des pouvoirs publics de sortir d’une situation conflictuelle par le recours aux instruments institutionnels de règlement des différends territoriaux.
Toutefois, une frontière reconnue dans un acte administratif ne devient pleinement effective que lorsque son tracé est clairement identifié et matérialisé sur le terrain. C’est précisément l’objet des opérations prévues du 15 au 29 octobre prochains, sous la responsabilité des autorités compétentes.
Mettre fin à un conflit aux conséquences humaines douloureuses…
Derrière les références cadastrales, les limites d’arrondissements et les documents administratifs se trouve une réalité humaine qu’il serait dangereux de minimiser. Ce différend, dont les prémisses remonteraient à l’époque coloniale, autour de 1957, a nourri des tensions et des affrontements qui ont, par le passé, endeuillé des familles aussi bien à Bameka qu’à Bamougoum.
Ces épisodes rappellent le prix que peuvent payer les communautés lorsque les différends fonciers et territoriaux s’enlisent, que les interprétations des limites divergent et que la méfiance prend le pas sur le dialogue. Chaque nouvelle crispation menace alors la coexistence entre des populations appelées à partager un même espace de vie.
Dans ce contexte, la matérialisation de la frontière représente bien davantage qu’une opération technique. Elle constitue une occasion de rompre avec les incompréhensions du passé, de réduire les risques d’incidents et de rétablir la confiance entre les deux groupements.
La volonté de l’État mise à l’épreuve de l’exécution…
L’implication du Premier ministre, de la Commission nationale pour le règlement du litige et des autorités administratives locales témoigne de la volonté institutionnelle de parvenir à une issue durable. La réunion présidée par Christophe Fofie Mbouedia s’inscrit dans cette dynamique de mise en œuvre.
Mais la réussite du processus dépendra aussi de la rigueur des opérations, du respect du tracé officiel, de la coordination entre les administrations concernées et de l’adhésion des populations. La transparence des travaux et la pédagogie auprès des riverains seront essentielles pour éviter que la matérialisation ne suscite de nouvelles contestations.
De la frontière administrative à la paix durable…
Le rendez-vous de ce 14 octobre 2026 ouvre donc une séquence déterminante dans le règlement du conflit Bameka-Bamougoum. L’État dispose désormais d’un cadre officiel qu’il lui revient de faire appliquer avec méthode et impartialité.
L’objectif ultime ne saurait se limiter à planter des bornes ou à confirmer une ligne sur une carte. Il consiste à faire en sorte que cette frontière cesse d’être un motif d’affrontement pour devenir une limite connue, respectée et acceptée.
Pour Bameka comme pour Bamougoum, l’enjeu est de taille : préserver les vies humaines, consolider le vivre-ensemble et empêcher que les générations futures héritent d’un conflit dont les conséquences ont déjà été douloureuses. La matérialisation annoncée sera véritablement décisive si elle inaugure, au-delà du règlement territorial, une paix durable entre les deux communautés.
