À Pète-Bandjoun, la confiance publique semble s’éroder au rythme des décisions administratives qui ne convainquent plus ni les usagers, ni les populations, ni même une grande partie de l’exécutif communal. Les faits rapportés et la manière dont ils sont gérés posent de sérieuses préoccupation. Entre autres : Comment une commune peut-elle demander des contributions pour financer, la construction des boutiques déjà construites sur fonds Feicom ?
Le maire Maptue Fotso dicte de mauvaises réponses aux vrais questions
Par Thomas Tankou___________
La première interrogation est simple et, pourtant, restée sans réponse satisfaisante : comment peut-on solliciter des contributions des usagers pour construire des boutiques alors qu’elles sont déjà construites sur fonds Feicom ? Cette question n’est pas seulement financière. Elle touche à la crédibilité de la gestion municipale et à la transparence de l’action publique.
Dans une logique saine de gouvernance locale, toute opération d’entretien, de réhabilitation ou d’extension doit être documentée : justification des dépenses, état d’avancement, comptes-rendus, et surtout traçabilité des financements. Or, ici, l’impression dominante est celle d’une communication incomplète, voire contradictoire, laissant les citoyens dans le doute.
Au-delà de ce premier point, un deuxième élément alimente la suspicion : les taux de location des boutiques à Pète-Bandjoun seraient parmi les plus élevés appliqués au Cameroun.
Lorsque des prix paraissent excessifs, les citoyens cherchent naturellement à comprendre les raisons : coût de construction réel, charges d’exploitation, niveau d’entretien, amortissement, justification sociale ou économique, comparaisons avec d’autres communes, et cadre de fixation des loyers. Là encore, les attentes restent sans réponses claires. Les chiffres, lorsqu’ils ne sont pas expliqués, deviennent des instruments de frustration et de colère, surtout lorsqu’ils pèsent sur des commerçants déjà fragilisés.
Dans ce contexte, la manière dont Madame le Maire Maptue Fotso gère la situation apparaît comme un prolongement logique du problème : plutôt que d’éclaircir, elle ouvrirait les hostilités contre trois de ses quatre adjoints, selon les éléments évoqués. Ce choix, présenté par certains comme une démarche de “mise au point”, est en réalité perçu par d’autres comme une stratégie de diversion : au lieu de répondre aux questions de fond — financement, loyers, décisions, traçabilité — l’attention est déplacée vers des conflits internes.
Ainsi, l’opacité devient la clé de lecture la plus inquiétante. Une commune fonctionne avec des mécanismes de contrôle, de reddition des comptes et de clarification. Quand ces mécanismes sont contournés ou rendus difficiles, la gestion cesse d’être un service public pour devenir une zone d’ombre. Les citoyens ne demandent pas l’impossible : ils veulent des explications, des documents, et des réponses publiques. Et surtout, ils réclament de comprendre où va l’argent et sur quelle base sont prises certaines décisions.
En somme, l’affaire des contributions pour des boutiques déjà construites et la question des loyers élevés ne sont pas des détails techniques : ce sont des signaux politiques. Elles disent que le problème ne se limite pas à une mauvaise réponse à une question; il s’agit d’un déficit de transparence. Tant que la commune n’apporte pas d’éléments tangibles et publics, les soupçons continueront à prospérer, et la crise de confiance restera entière.
Les populations attendent donc autre chose qu’une gestion “contre” des personnes : elles attendent une gestion “pour” la clarté, la justice et la responsabilité.
À Pète-Bandjoun, l’urgence n’est pas seulement de régler des tensions internes; elle est de lever le voile sur une administration dont la transparence est aujourd’hui contestée.
