Depuis des mois, le gouvernement et les syndicats de l’enseignement supérieur se retrouvent autour de la table sans parvenir à éteindre les revendications. En refusant la réunion de crise du 11 septembre, le SYNES ne rejette pas le principe du dialogue : il conteste une méthode qui, à ses yeux, multiplie les rencontres sans produire les réponses attendues sur le traitement du corps enseignant.

Le Synes, le Forec le Sesup, le Corec, le Sypres : les syndicats disent non au Minsup

Par Cyprien Afana Tsama__________

Le Synes refuse la réunion de crise convoquée par Jacques Fame Ndongo le 11 septembre dernier, invoquant délais irréalistes et absence de dialogue réel.

En pleine grève illimitée dans les universités publiques, le Synes claque la porte d’une réunion de crise convoquée en urgence par le ministre de l’Enseignement supérieur sans fermer celle du dialogue.

Ce Syndicat ne s’est donc pas rendu à la réunion de crise convoquée par le ministre de l’enseignement supérieur. Le syndicat national des enseignants du supérieur l’a notifié au ministre d’État dans une correspondance datée du 10 septembre, en pleine grève illimitée dans les universités publiques camerounaises.

Trois griefs, une position ferme, et pourtant une porte qui reste entrouverte : la réponse du Synes n’est pas un simple refus, c’est une leçon de méthode adressée à sa tutelle. Alors que les amphithéâtres sont vides depuis le 3 septembre, la question n’est plus seulement de savoir qui a raison sur le fond mais si le dialogue lui-même est encore possible dans ces conditions.

Le Bureau exécutif national du Syndicat national des enseignants du supérieur (Ben-Synes) a décrété une grève totale et illimitée dans l’ensemble des universités publiques du Cameroun, effective depuis le 3 septembre 2026. Le mouvement, que le syndicat a qualifié de « rentrée académique morte », suspend l’ensemble des activités d’enseignement et de recherche dans les huit universités d’État du pays, au moment même où devait débuter la nouvelle année académique.

Dans une correspondance officielle transmise le 8 septembre 2026 au Rectorat de l’Université de Yaoundé II, enregistrée sous le numéro 1923, la coordination locale du Synes a confirmé son suivi de ce mot d’ordre national.

Face à la persistance du mouvement, le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, a convoqué une réunion de crise par message-porté daté du 9 septembre 2026, référencé N° 2600000134/MINESUP/CAB-MINETAT. La rencontre devait se tenir le vendredi 11 septembre à 11 heures, dans la salle de conférences 1036 de l’Immeuble ministériel N°2 à Yaoundé, et réunir plusieurs organisations syndicales le SYNES, le FOREC, le SESUP, le COREC et le SYPRES ainsi que les coordonnateurs du SYNES dans les universités d’État.

Dans une correspondance datée du 10 septembre 2026, référencée 10770939/SG-BEN-SYNES/2026, la secrétaire générale du SYNES, le Professeur Wogaing Fotso Jeannette, a notifié au ministre d’État l’impossibilité pour les membres du syndicat de se rendre à cette rencontre dans les conditions proposées.

Le syndicat avance trois arguments. D’abord, celui de l’autonomie syndicale : la composition et le nombre de membres de la délégation relèveraient exclusivement des instances dirigeantes du Synes, et non du ministère, qui ne saurait désigner individuellement les coordonnateurs appelés à participer. Ensuite, le SYNES dénonce des délais jugés irréalistes une convocation transmise les 9 et 10 septembre pour une réunion fixée au matin du 11 septembre ne permettrait pas aux représentants venus des différentes régions du pays d’organiser leur déplacement vers Yaoundé.

Enfin, le syndicat déplore l’absence d’un ordre du jour précis consacré à ses revendications, en particulier celles relatives au traitement du corps enseignant du supérieur. Sur ce dernier point, le Synes rappelle que ses demandes d’audience pour aborder ces préoccupations seraient restées sans réponse concrète depuis novembre 2025 un délai de près de dix mois qui nourrit la défiance syndicale envers la méthode retenue par le ministère.

Le refus du Synes ne signe pas, pour autant, une rupture totale du dialogue. Le syndicat propose une reprise des négociations entre le 15 et le 18 septembre 2026, sous réserve de la mise en place d’un cadre de concertation restructuré. Le mot d’ordre de grève générale et illimitée reste, dans l’intervalle, maintenu dans l’ensemble des universités publiques.

La tentative de concertation initiée par le Minesup se heurte ainsi, pour le 11 septembre, à une fin de non-recevoir. Le bras de fer entre les enseignants du supérieur et leur tutelle se poursuit, avec pour enjeu immédiat la capacité des deux parties à s’accorder sur un cadre de dialogue jugé légitime par le syndicat condition, selon lui, préalable à toute sortie de crise.