Plus qu’un simple chansonnier, Bissi Mag était un passeur de mémoire et un bâtisseur d’espérance. Le poème ci-dessous retrace le parcours d’un artiste dont la voix, le courage et l’amour de la culture continueront de résonner dans les cœurs, bien au-delà de son dernier voyage.
Yéeee… Malée, Yéeee Talée…
Hommage à celui qui a chanté la vie jusqu’à la mort…
(**) Par Thomas Tankou_________
Tu semais l’avenir dans chacun de tes refrains,
Quand tant d’autres vivaient prisonniers du présent ;
Tu faisais naître l’espoir d’un peuple en avançant,
Comme un soleil levant éclairant nos chemins.
Ta voix portait les monts, les villages, les mémoires,
Elle berçait les cœurs d’un souffle fraternel ;
Elle liait la terre à l’infini du ciel,
En transformant nos peines en promesses d’espoir.
Tu chantais Bandjoun comme on célèbre une mère,
Avec l’amour discret des bâtisseurs de paix ;
Chaque note invitait les vivants au respect,
Et ton chant devenait le langage des frères.
La douleur t’a trouvé, mais jamais le découragement ;
Tu marchais, digne et fort, sans céder à la nuit ;
Ton courage brillait quand le corps s’affaiblit,
Offrant à chaque instant un sublime enseignement.
Aujourd’hui le silence enveloppe ta demeure,
Mais nul ne peut éteindre un musicien si grand ;
Car les peuples gardent vivants leurs géants,
Et ton nom fleurira bien au-delà des heures.
Tu chantais demain avant qu’il ne se dessine,
Comme un sage voyant l’aurore au cœur des nuits ;
Tu faisais éclore un avenir enfoui,
Dans la moindre vibration de ta voix cristalline.
Repose désormais, voyageur de lumière ;
Nous porterons plus loin le flambeau de ton art ;
Ton héritage éclaire à jamais notre regard,
Et ton chant restera notre plus belle prière.
Adieu, Bissi Mag, mais adieu n’est qu’un mot ;
Les artistes ne meurent que lorsque meurt leur flamme.
Or la tienne vivra dans nos chants et nos âmes,
Car tu chantais demain… et demain vit encore.
(**) Consultant en communication & stratégie
