Les féminicides ne surgissent pas du néant : ils s’inscrivent dans des violences répétées, soutenues par la peur, la surveillance et l’impunité. Portées par le Social Democratic Front, les femmes exigent du Parlement des mesures concrètes pour agir avant le dernier coup.
Les femmes socialistes du parti montent au créneau et condamnent
Par Chimène Etondè
Ekwalla__________
Au Cameroun, trop de femmes apprennent à leurs dépens qu’on peut être libre en apparence… et prisonnière en réalité. Les féminicides ne naissent pas seulement dans une absence d’argent, ni dans l’impossibilité “d’aller quelque part” après une rupture. Ils naissent dans un enchevêtrement de dépendances, de pressions, de peurs et d’impunités. Et au cœur de ce drame, il y a une vérité que nous refusons d’enfermer dans le silence : une femme peut être financièrement autonome, et pourtant être tuée.
C’est précisément ce que défendent les femmes socialistes du Social Democratic Front (Sdf). Pour elles, chaque vie sauvée commence par une lecture lucide des causes, et par un engagement politique sans demi-mesure.
1) “Les femmes n’ont qu’à partir” : un slogan qui tue…
Dire que “les femmes n’ont qu’à partir” ressemble à une injonction moralement confortable… mais pratiquement dangereuse. Car partir n’est pas un interrupteur : c’est un processus. La dépendance économique peut empêcher de rompre (“Si je pars, où vais-je vivre avec mes enfants ?”). Pourtant, la seule explication financière ne tient pas : la dépendance affective brouille la conscience (“Il va changer, il m’aime malgré ses excès”).
Alors, oui, nous parlons d’autonomie. Mais nous parlons aussi du reste : la pression familiale et sociale, le poids des discours qui enferment (“Supporte ton mari, un mariage ne se quitte pas pour quelques coups”), et les stratégies de contrôle qui transforment le foyer en menace.
2) La violence conjugale comme système : contrôle, isolement, peur…
Derrière plusieurs féminicides, on retrouve une dynamique répétée : menaces, surveillance, isolement, chantage. On n’est pas face à un “incident”. On est face à une mécanique. La victime peut parfois avoir essayé de fuir, de parler, de demander de l’aide. Mais ce qui manque, c’est la protection : plaintes ignorées, mesures insuffisantes, absence de structures d’accueil, et trop souvent l’impunité.
Et là, le débat dépasse la sphère privée. Il devient un problème politique, institutionnel, et donc public.
3) Le combat des femmes socialistes du SDF : au-delà des discours…
Les femmes socialistes du Sdf portent un message clair, ferme, et profondément humain : on ne combat pas les féminicides avec des leçons, mais avec des actions. Elles interpellent les deux chambres du Parlement parce qu’elles refusent la fatalité. Elles savent que les violences ne s’éradiquent pas par des slogans, mais par des mécanismes concrets : prévention, écoute réelle, protection efficace, prise en charge, et surtout responsabilité des auteurs.
Dans leur engagement, il y a une touche de courage discret : celui de dire la vérité quand tout pousse au silence. Celui de rappeler que la dignité n’est pas négociable. Celui de construire une conscience collective où la solidarité devient une force civique, pas une simple émotion.
4) Agir avant le dernier coup…
Si les femmes socialistes du SDF réclament davantage d’engagement, ce n’est pas pour “commenter” la tragédie. C’est pour l’empêcher. Car trop souvent, le drame survient après des signaux ignorés. La violence a déjà envoyé des messages—menaces, plaintes, tentatives de protection—mais le système n’a pas suivi.
Nous le disons avec gravité : un féminicide n’est pas une rupture soudaine. C’est l’aboutissement de la répétition.
