Pluie, routes difficiles, écoles confrontées à de nombreux besoins : rien n’aura empêché Joshua Osih de poursuivre sa tournée à Manoka et Cap Cameroun. À l’image de Ni John Fru Ndi, premier président du SDF, l’actuel dirigeant du parti choisit d’aller directement à la rencontre des Camerounais de l’arrière-pays pour écouter leurs préoccupations et toucher du doigt leurs conditions de vie.
Dans les pas de Ni John Fru Ndi, Joshua Osih en tournée dans les îles camerounaises
Par Thomas
Tankou__________
Des îles de Douala comme laboratoire de proximité politique…
Sous une pluie battante, Joshua Osih a quitté Youpwe, ce lundi 21 septembre 2026, pour une tournée dans les zones insulaires de Douala VIe, notamment Manoka et Cap Cameroun. Loin des salles de réunion et des rencontres protocolaires, le président du Social Democratic Front (Sdf) a choisi de se confronter aux réalités quotidiennes des populations de cette partie du Wouri.
Cette démarche prend une dimension particulière lorsqu’on la replace dans la tradition politique du Sdf. Depuis sa création, le parti s’est notamment construit sur une pratique de proximité avec les populations, incarnée pendant des décennies par Ni John Fru Ndi, qui sillonnait villes, villages et zones reculées pour maintenir le contact avec sa base.
À Manoka, Joshua Osih semble vouloir prolonger cette culture du terrain. Son déplacement ne s’est pas limité à une cérémonie politique. Il a rencontré autorités administratives, chefs traditionnels, responsables éducatifs, forces de maintien de l’ordre, associations de femmes et de jeunes, ainsi que les responsables locaux du Sdf.
Les pieds dans l’eau, face aux réalités scolaires
La scène est particulièrement symbolique : l’accueil à l’Inspection d’arrondissement de l’Éducation de base et aux écoles publiques primaire et maternelle de Manoka s’est effectué dans une cour transformée en véritable étendue d’eau.
Cette situation illustre concrètement les difficultés auxquelles sont confrontées les populations insulaires : infrastructures insuffisantes, mobilité difficile, environnement scolaire précaire et accès limité aux services publics.
Face à cette réalité, Joshua Osih a procédé à la remise de fournitures scolaires et de matériels didactiques destinés aux établissements de Manoka et de Cap Cameroun. Au total, 554 écoliers du primaire et de la maternelle ainsi que 111 élèves du Lycée bilingue de Manoka étaient concernés par cette opération, pour un coût annoncé de 2 112 540 FCfa.
Au Lycée bilingue de Manoka, la visite a également permis de mesurer l’ampleur des besoins en personnel enseignant. Le déficit est tel que le second cycle ne dispose actuellement que de la série A4 espagnol.
De la distribution de fournitures à l’écoute des populations…
L’intérêt de cette tournée dépasse donc la seule distribution de fournitures scolaires. Elle permet au responsable politique de recueillir directement les préoccupations des habitants et des acteurs locaux.
La marche de plus de deux kilomètres jusqu’au Lycée bilingue, puis l’arrivée à Cap Cameroun dans une atmosphère chaleureuse, donnent à cette démarche une dimension très concrète. En visitant notamment le palais de Sa Majesté Mulema Maboa, Joshua Osih a également intégré les autorités traditionnelles dans son dispositif d’écoute.
Le geste du chef traditionnel, qui a accepté de conserver provisoirement les fournitures destinées aux élèves en attendant le retour du directeur de l’école, illustre cette collaboration entre acteurs communautaires et responsables publics.
Une volonté de renouer avec le Cameroun des villages…
Pour Joshua Osih, cette présence dans les zones périphériques constitue aussi un signal politique. À la tête du Sdf, il paraît vouloir démontrer que l’activité d’un parti politique ne saurait se réduire aux capitales régionales, aux grandes métropoles ou aux échéances électorales.
En allant vers Manoka et Cap Cameroun, il reprend une méthode qui a longtemps caractérisé Ni John Fru Ndi : aller vers les Camerounais là où ils vivent, y compris dans les territoires difficiles d’accès, écouter leurs préoccupations et maintenir un lien direct avec eux.
Cette stratégie de proximité pourrait ainsi contribuer à redonner au Sdf une présence plus visible sur le terrain. Car, dans un paysage politique où les discours nationaux abondent, la capacité à toucher du doigt les réalités quotidiennes des populations demeure un marqueur important de l’action politique.
À Manoka, le président national du Sdf n’a donc pas seulement distribué des cahiers, des crayons et du matériel didactique. Il a surtout choisi de faire du déplacement, de l’écoute et du contact direct avec les populations un instrument de présence politique. Une démarche qui rappelle, par sa philosophie de proximité, certaines des pratiques de terrain associées au défunt chairman du Sdf, Ni John Fru Ndi.
