Avec l’acquisition de nouveaux transformateurs de forte capacité et un programme d’investissement de plus de 33 milliards de FCFA, Sonatrel veut sécuriser l’alimentation électrique des principaux pôles industriels. Derrière cette offensive technique, les populations attendent surtout une amélioration concrète de leur quotidien : une électricité stable et la fin des coupures à répétition.
Sonatrel peut-il mettre un terme aux délestages ?
Par Thomas
Tankou____________
Au Cameroun, la question de l’électricité ne se résume plus à une simple équation technique. Elle est devenue une exigence sociale, économique et industrielle. Pour les ménages comme pour les entreprises, chaque coupure plonge dans l’incertitude : activités interrompues, équipements endommagés, pertes de production, difficultés pour les commerces et inconfort pour les familles.
C’est dans ce contexte que la Société nationale de transport de l’électricité (Sonatrel) annonce l’acquisition de nouveaux transformateurs destinés à renforcer plusieurs points stratégiques du réseau interconnecté. Une opération qui nourrit un espoir simple chez les populations : que les délestages cessent enfin d’être une fatalité du quotidien.
Sept transformateurs, un même objectif…
L’opération prévoit le déploiement de plusieurs équipements de forte capacité. Trois transformateurs de 60 Mva doivent renforcer le poste de Logbaba, dans la zone industrielle de Douala. Kribi et Bekoko bénéficieront chacun d’un transformateur de 50 Mva. Un équipement de 75 Mva est destiné au raccordement du groupe métallurgique Prometal, tandis qu’un transformateur de 50 Mva doit être conservé comme réserve stratégique.
Sur le papier, l’ambition est claire : augmenter les capacités de transit et de transformation, sécuriser les postes sensibles et offrir davantage de marges au système électrique national.
Cette opération s’inscrit dans un programme d’investissement de plus de 33 milliards de FCfa engagé par Sonatrel. Elle traduit surtout la nécessité de rattraper les insuffisances d’un réseau soumis à une demande en constante progression.
Logbaba, le nœud stratégique
Le renforcement du poste de Logbaba constitue l’un des enjeux majeurs de cette opération. Situé au cœur du dispositif industriel de Douala, ce poste doit contribuer à l’évacuation de l’énergie produite par le barrage de Nachtigal vers les zones de consommation.
L’enjeu dépasse donc le simple remplacement ou l’ajout d’équipements. Il s’agit de rapprocher la capacité disponible de la demande réelle et de réduire les contraintes qui peuvent provoquer des interruptions de fourniture.
Pour les industries de Douala, une alimentation plus stable représente un avantage déterminant. Une usine ne peut fonctionner efficacement lorsque son alimentation électrique demeure imprévisible. La compétitivité industrielle du Cameroun passe aussi par cette capacité à garantir une énergie disponible et régulière.
Prometal, symbole d’une nouvelle demande…
Le raccordement de Prometal illustre cette évolution. Le groupe sidérurgique, connecté au réseau haute tension depuis 2025, doit bénéficier d’une capacité portée à 75 Mva. L’objectif affiché est de permettre aux usines de fonctionner à plein régime et d’accompagner l’augmentation de la production d’acier fini, annoncée de 360 000 à 600 000 tonnes par an.
Cette montée en puissance industrielle exerce mécaniquement une pression supplémentaire sur le réseau. Elle rappelle une évidence : plus le Cameroun industrialise son économie, plus il doit disposer d’un système électrique capable de suivre le rythme.
L’attente des populations…
Mais derrière les milliards investis et les chiffres de puissance, il y a une attente beaucoup plus concrète : celle des Camerounais qui veulent simplement avoir de l’électricité lorsqu’ils en ont besoin.
Dans les quartiers, les ménages ont appris à vivre avec les délestages, parfois au prix de dépenses supplémentaires pour s’équiper en groupes électrogènes, batteries ou autres solutions de secours. Les petits commerces et ateliers, eux, voient directement leur chiffre d’affaires affecté par les interruptions.
L’arrivée de ces transformateurs est donc accueillie avec l’espoir qu’elle marque un tournant. Les populations ne demandent pas seulement des annonces ou des infrastructures inaugurées. Elles attendent des résultats visibles : une électricité disponible, stable et prévisible.
Le véritable test sera sur le terrain…
La Sonatrel dispose désormais d’un levier supplémentaire pour renforcer le réseau. Mais le succès de cette politique ne se mesurera ni au nombre de transformateurs commandés ni au montant des investissements annoncés.
Il se mesurera à la disparition progressive des coupures, à la continuité de l’alimentation des ménages et à la capacité des entreprises à produire sans interruption.
Le souhait des populations est finalement très simple : que les délestages qui rythment encore leur quotidien deviennent bientôt un mauvais souvenir d’un autre âge. Pour y parvenir, les nouveaux transformateurs constituent une étape importante. Ils devront désormais produire l’effet attendu : transformer les investissements en électricité réellement disponible, partout où les Camerounais en ont besoin.
