À l’approche de la 6e édition du Festival Ka’a Ndeh Mu’nka, prévue du 3 au 10 avril 2027, Sa Majesté Takoukam Jean Raymond, chef supérieur Bameka, peut compter sur l’engagement du ministre des Arts et de la Culture. L’implication personnelle des deux acteurs traduit la volonté de donner à ce rendez-vous quadriennal une nouvelle dimension artistique, patrimoniale et touristique. Une tradition quadriennale appelée à s’universaliser.

Le pari de S.M Takoukam Jean Raymond et du Minac pour faire rayonner un autre pan du patrimoine national

Par Chimène Etondè Ekwalla___________

Une tradition quadriennale appelée à changer d’échelle…

À Bameka, dans le département des Hauts-Plateaux, la préparation de la sixième édition du Festival Ka’a Ndeh Mu’nka marque déjà une étape importante dans la consolidation d’un rendez-vous qui dépasse désormais le simple cadre des festivités traditionnelles. Prévue du 3 au 10 avril 2027, cette manifestation entend faire de la culture un instrument de transmission des savoirs ancestraux, de cohésion sociale et de développement.

Organisé tous les quatre ans, ce festival constitue un moment particulier dans la vie de ce peuple des Grassfield. Sa périodicité lui confère une dimension patrimoniale : chaque édition devient ainsi une occasion de rassembler des générations, de faire revivre des pratiques anciennes et de présenter au public les expressions culturelles propres au peuple Bameka, afin que la tradition serve de socle au développement La sixième édition veut ainsi franchir un nouveau palier, en associant davantage création artistique, tourisme, économie locale et mémoire collective.

L’impulsion personnelle du chef supérieur…

Derrière cette dynamique figure l’engagement de Sa Majesté Takoukam Jean Raymond, chef supérieur Bameka. Son implication donne au projet une dimension institutionnelle et communautaire particulière. Dans un contexte où de nombreuses traditions africaines sont confrontées au risque de disparition ou de banalisation, l’engagement du souverain traditionnel apparaît comme un levier essentiel pour organiser la transmission du patrimoine et mobiliser les différentes composantes de la communauté autour d’un projet commun.

L’enjeu est notamment de permettre aux jeunes générations de ne pas seulement assister à des cérémonies, mais de comprendre les significations attachées aux danses, aux récits, aux objets, aux costumes et aux savoir-faire hérités des ancêtres. La rencontre entre tradition et modernité constitue donc l’un des défis majeurs de cette sixième édition.

Un programme qui dépasse le simple folklore…

La richesse du rendez-vous annoncé réside précisément dans la diversité de ses composantes. Les visiteurs pourront découvrir les productions artisanales l’expression des danses initiatiques et les richesses culturelles locales, assister à des prestations chorégraphiques traditionnelles, participer à des échanges intellectuels consacrés à la culture et explorer les potentialités touristiques du territoire.
Les compétitions sportives, les spectacles, la gastronomie et les activités artistiques devraient également contribuer à donner au festival une atmosphère populaire et intergénérationnelle. Cette articulation est importante : elle permet de présenter la culture non comme un patrimoine figé, mais comme une matière vivante susceptible de nourrir l’économie locale et d’attirer de nouveaux visiteurs.

Le Minac appelé à accompagner le changement d’échelle…

L’audience accordée le 19 avril 2026 à l’honorable Ngoko Mambe Marie-Louise épouse Tchouante par le ministre des Arts et de la Culture constitue, à cet égard, un signal institutionnel significatif. L’annonce d’un appui du ministère ouvre la voie à un encadrement professionnel dans plusieurs domaines : recensement des expressions culturelles, conservation des pièces patrimoniales, identification des artistes, structuration de la programmation et promotion de l’événement.
La création annoncée d’une équipe technique chargée du suivi traduit surtout la volonté de ne pas limiter l’intervention de l’État à une présence protocolaire. Elle pourrait contribuer à documenter durablement les richesses de Bameka et à renforcer leur visibilité au-delà du seul territoire des Hauts-Plateaux.

Avril 2027, une vitrine pour Bameka…

Du 3 au 10 avril 2027, Bameka aura donc l’occasion de démontrer qu’un patrimoine local peut devenir un véritable outil d’attractivité. La sixième édition de Ka’a Ndeh Mu’nka apparaît ainsi comme un rendez-vous où se croisent mémoire, création, transmission et développement.
Pour Sa Majesté Takoukam Jean Raymond, l’enjeu est désormais de transformer cette mobilisation en héritage culturel et cultuel durable : faire du festival non seulement une fête quadriennale, mais une véritable plateforme de valorisation permanente de l’identité et du potentiel du peuple Bameka.